"Kill the Gays", un projet de loi contre les homosexuels en Ouganda

Un demandeur d\'asile ougandais se couvre le visage d\'un sac en papier afin de protéger son identité lors de sa participation à une manifestation de la fierté à Boston, au Massachusetts, en juin 2013.
Un demandeur d'asile ougandais se couvre le visage d'un sac en papier afin de protéger son identité lors de sa participation à une manifestation de la fierté à Boston, au Massachusetts, en juin 2013. (JESSICA RINALDI / X01704)

Le pays d’Afrique de l'Est veut renforcer les mesures, déjà très répressives, contre les relations homosexuelles jugées "contre-nature".

L’Ouganda pourrait adopter d’ici à la fin de l’année une loi qui imposerait la peine de mort aux personnes homosexuelles. Ce projet, qui avait déjà fait polémique, vient d'être relancé.

Un projet récurrent

Le projet de loi – connu sous le nom de "Kill the Gays" (tuer les homosexuels) – n'est pas nouveau. Il avait été proposé une première fois en 2009, puis en 2014, avant d’être abandonné pour des raisons de procédure. Mais le gouvernement ougandais a annoncé son intention de l'exhumer dans les prochaines semaines, pour "freiner l’augmentation" de l’homosexualité, notamment chez les jeunes.

L'homosexualité n'est pas naturelle pour les Ougandais, mais il y a eu un recrutement massif de gays dans les écoles, et particulièrement parmi les jeunesSimon Lokodo, ministre ougandais de l'Ethique et de l'IntégritéFondation Thomson Reuters

Une homophobie persistante

Le projet de loi "Kill the gays" prévoit notamment la peine de mort pour les homosexuels en cas de récidive ou de rapport avec un mineur. Le gouvernement entend ainsi punir ceux qui, à son avis, "font la promotion" de l’homosexualité.  

En Ouganda, les personnes homosexuelles font l'objet de persécutions et de violences et la loi punit très sévèrement les relations sexuelles entre personnes de même sexe. Les homosexuels encourent une peine de prison à vie. Les organisations de défense des droits de l'Homme se disent inquiètes face au renforcement de la législation. Amnesty international parle d'un projet "scandaleux" visant à légaliser ce genre de fanatisme.  

C’est un exemple de la façon dont les politiciens ougandais exacerbent une intolérance dangereuse et renforcent des préjugés à l’encontre des personnes LGBTI.Amnesty international

Le sentiment homophobe, très répandu dans le pays, est largement relayé par les églises évangélistes et la classe politique. Le président ougandais, Yoeweri Museveni, au pouvoir depuis plus de trente ans, a déjà qualifié à plusieurs reprises les homosexuels de "malades" et l’homosexualité d’une "tendance" importée de l'Occident.

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