Facebook a démantelé une campagne d'influence russe ciblant l’Algérie et l’Egypte

Illustration Facebook et fausses nouvelles 
Illustration Facebook et fausses nouvelles (RICCARDO MILANI / HANS LUCAS)

Il s'agissait de pages Facebook relayant des articles qui concernent des "sujets cachés au grand public".

Facebook, le géant américain des réseaux sociaux, a annoncé le 1er septembre 2020 la suppression de pages et de comptes visant à diffuser de fausses informations et des théories du complot. L’opération russe visait des pays en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Pour autant, le site Peace Data à l'origine de ces informations tendancieuses reste, lui, actif.

Un "petit réseau"

La campagne de désinformation en ligne n’avait rien de spectaculaire. Les comptes et pages supprimés étaient suivis par seulement 14 000 abonnés, une goutte d’eau dans l’océan Facebook qui compte 2,7 milliards d’utilisateurs. Il s’agit donc d’un "petit réseau", composé de 13 comptes et deux pages, actifs principalement en Algérie, en Egypte, ainsi que dans d’autres pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord.

Alerté par le FBI, Facebook a vérifié, puis confirmé, qu’il s’agissait de comptes liés à des personnes proches de l’organisation russe Internet Research Agency (IRA). Cette "usine à trolls", soutenue par le Kremlin, est accusée d'avoir animé une campagne anti-Hillary Clinton lors de l’élection présidentielle américaine de 2016.

Ils ont considérablement investi dans la création de faux individus, avec une personnalité et des photos de profil, pour leur donner une apparence légitime et réelleNathaniel Gleicher, directeur des règlements sur la sécurité de Facebook

"Peace Data", vrais journalistes et faux média

L'essentiel de la campagne de manipulation partait d'un site se faisant passer pour un média indépendant, baptisé Peace Data ("données de paix"). Le site publie des articles en anglais et en arabe sur des "sujets qui sont cachés au grand public", d'après la page d’accueil. L’information y est rédigée par de vrais journalistes, notamment des pigistes (rémunérés à la tâche) qui pensent avoir été recrutés par un site d'information engagé et authentique.

Les articles en arabe portent principalement sur des abus des droits humains par des pays occidentaux, les guerres au Moyen-Orient, la mal-gouvernance et la corruption. Certains articles attaquent aussi la France et le président Macron en dénonçant une approche "impérialiste" en Afrique.

Peace Data, dont les articles ne peuvent plus être partagés sur Facebook, dément tout lien avec l’agence russe et parle d'"un tsunami de publications diffamatoires dans les médias grand public du monde entier".

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