En Sierra Leone, le football redonne de l’espoir aux personnes amputées

Dans un pays où la moitié de la population est pauvre, la vie des handicapés est encore plus dure. Mais pour certains, pouvoir jouer au foot donne un sens à leur vie.

70 personnes dont des femmes jouent dans, la Single Leg, l'équipe de football formée uniquement de sportifs amputés. Faire partie de ce club apporte de la joie et permet à certains d’entre eux de retrouver espoir et dignité, alors même que la vie reste difficile.

John Wessels est parti à leur rencontre. Douze de ses photos illustrent ce propos d’après un reportage de Saidu Bah de l’AFP.

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  De 1991 à 2002, la guerre civile en Sierra Leone a fait des dizaines de morts et laissé beaucoup de personnes meurtries dans leur chair. Aujourd’hui âgé de 37 ans, Sheku Turay avait 12 ans quand son village du district de Tonkolili a été attaqué par des rebelles. Blessé à une jambe, il a dû être amputé pour être sauvé de la gangrène. JOHN WESSELS / AFP
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Pour reprendre goût à la vie, Sheku Turay joue depuis 2012 dans l’équipe de football de l'association "Single Leg" ("Une seule jambe") avec de nombreuses personnes, elles aussi mutilées. Toutes ont perdu une jambe ou un bras pendant la guerre, dans un accident de la route ou à cause d’une maladie. JOHN WESSELS / AFP
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Le club qui a été créé dans le quartier de Sheku Turay par Mamoudi Samai, un pasteur, compte 70 membres dont une douzaine de femmes. Le pasteur gère toujours le club et soutient financièrement l'équipe et ses participants. Mais "vingt ans après la fin de la guerre, certains amputés se sentent inutiles et ne parviennent pas à s'en sortir dans la vie", déplore le pasteur. JOHN WESSELS / AFP
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Parfois les souvenirs de la guerre viennent hanter le sommeil de Sheku Turay. Mais jouer au foot sur la plage de Lumley lui "donne de l'inspiration, de la force et de la joie. Il confie à l’AFP : "Cette équipe m'aide à trouver un sens à ma vie. (…) Quand je joue au foot et que les spectateurs m'acclament, j'ai le sentiment de compter." JOHN WESSELS / AFP
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Pour gagner sa vie, Sheku Turay travaille comme tailleur dans un atelier de Kamayama, dans la banlieue de Freetown. Il dit n'avoir jamais reçu d'aide du gouvernement ou d'une ONG et déclare fièrement à l’AFP ne dépendre "de personne pour sa survie, contrairement à d'autres handicapés qui mendient dans la rue". Grâce à ses économies, il espère pouvoir ouvrir sa propre boutique. JOHN WESSELS / AFP
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Après sa journée de travail, le retour chez lui est éreintant car à travers les habitats en tôles et en parpaings, parmi les amas de rochers et de branches, il doit mener un vrai combat pour remonter jusqu'à sa masure d'une pièce située à flanc de montagne. JOHN WESSELS / AFP
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"Single Leg" a créé aussi à une trentaine de kilomètres de la capitale une ferme bio de 20 000 mètres carrés, pour fournir emplois et nourriture aux sportifs. Lahai Makieu, 49 ans, l'entraîneur en chef de l’équipe de foot, en est le gérant. Lui aussi a été blessé par les balles des rebelles dans le district de Kono en 1992. Après avoir perdu beaucoup de sang pendant plusieurs jours, il a réussi à atteindre un hôpital où il a été amputé. JOHN WESSELS / AFP
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Etre handicapé "ne m'a pas empêché d'avoir de l'espoir et d'atteindre certains buts dans ma vie", dit Lahai Makieu en souriant. En mai, il a épousé sa compagne Zainab Turay, 28 ans, unijambiste et joueuse de foot, comme lui. "Dieu m'a permis de survivre à la guerre pour qu'un jour je puisse l'épouser", souffle-t-il à l’AFP. JOHN WESSELS / AFP
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Pourtant, Lahai Makieu décrit un quotidien sombre, où même prendre le bus est un défi. "Dans ma société, les handicapés sont moqués, montrés du doigt et discriminés", déclare-t-il. "Le gouvernement devrait ouvrir une école de formation spécialisée et nous permettre d'avoir accès à des soins et une éducation gratuite, comme cela a été recommandé en 2004 dans le rapport de la Commission Vérité et Réconciliation". JOHN WESSELS / AFP
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Cette Commission mise en place pour enquêter sur le conflit, avait indiqué dans ce rapport que plusieurs catégories de populations affectées par la guerre, dont les amputés, doivent recevoir des compensations. Mais selon la Commission nationale des personnes handicapées, sur 32 000 inscrites, seules un peu plus 20 000 ont reçu une indemnisation de 66 à 189 euros. JOHN WESSELS / AFP
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S’il existe à Freetown, dans le quartier de Morray Town, le Centre national de réadaptation pour les personnes handicapées, ses infrastructures sont vieillissantes. Et il ne reçoit plus de patients victimes de la guerre. Dorénavant, seuls ceux atteints de polio, les victimes d'accidents de la route ou d'amputations liées au diabète y sont accueillis, explique un médecin. JOHN WESSELS / AFP
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Le centre pratique des tarifs modérés mais pas gratuits et fabrique aussi des prothèses. Mais "nous manquons de personnel et de matériel de fabrication", regrette l’un de ses directeurs. JOHN WESSELS / AFP
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