Au Burkina Faso, Wahabou se bat pour l’éducation des filles "parce que c’est la seule voie vers un développement durable"

Wahabou, 18 ans, avec le signe de l\'égalité dessiné sur la joue dans le cadre de la campagne lancée par Plan international pour marquer la Journée internationale des filles. 
Wahabou, 18 ans, avec le signe de l'égalité dessiné sur la joue dans le cadre de la campagne lancée par Plan international pour marquer la Journée internationale des filles.  (Plan International)

A l’occasion de la Journée internationale des filles, célébrée par l'ONU le 12 octobre, nous avons rencontré un activiste burkinabè de l’ONG Plan international qui lutte pour l’égalité des genres.

En Afrique, de plus en plus de jeunes hommes rejoignent les organisations internationales pour faire avancer les droits humains. Le Burkinabè Wahabou, 18 ans, milite en faveur de l’éducation des filles dans l'association Plan international. Il a livré ses réflexions à franceinfo Afrique.

Une fille sur deux est mariée avant 18 ans

Wahabou vit dans une zone rurale du Burkina Faso central, où les filles au lycée sont très peu nombreuses. A 16 ans, certaines sont mariées et d’autres déscolarisées pour s’occuper des travaux ménagers. Un peu plus de 14% seulement accèdent à l’enseignement secondaire, selon les chiffres de l’Unicef. Il trouve injuste cette marginalisation des filles parce que dans sa famille, ses deux grandes sœurs ont bénéficié de la même éducation que les garçons. Le jeune homme décide alors de s’engager auprès de l’ONG Plan International pour défendre le droit des filles.

C’est plus facile pour une fille éduquée d’échapper à un mariage forcé. Quand elle connaît ses droits, elle peut aller voir une organisation humanitaire et demander de l’aideWahabou, activiste burkinabèà franceinfo Afrique

Le poids des traditions

Pour faire bouger les choses, Wahabou organise avec d’autres activistes de Plan international des rencontres régulières avec les membres de sa communauté, à qui il explique pourquoi il est important que les filles terminent leur scolarité. Si son message passe bien auprès des jeunes, les anciens restent réticents au nom des traditions. Mais l'activiste ne perd pas espoir et mise sur les garçons de sa génération pour faire changer les mentalités.

Même si les chefs de la communauté ne sont pas d’accord avec nous, ils nous écoutent et on leur explique qu’une fille qui fait des études trouve un meilleur emploi et peut aider financièrement sa familleWahabou, activiste burkinabèà franceinfo Afrique

Des progrès mais…

Wahabou et d’autres activistes de Plan international échangent énormément avec les parents et les chefs de communautés pour comprendre pourquoi ils privilégient l’éducation des garçons. Ces derniers mettent très souvent en avant les problèmes d’argent.

La gratuité scolaire (frais d’inscription, fournitures, etc.) mise en place ces dernières années pour aider les familles vulnérables, ainsi que les campagnes de sensibilisation lancées par l’Unicef et les différentes ONG ont eu un impact très positif sur la scolarisation des filles. Aujourd'hui, neuf d'entre elles sur dix sont scolarisées dans le primaire. Un grand effort est désormais nécessaire pour inverser la tendance dans le secondaire. Wahabou se dit très optimiste : "Même si c'est long, c'est la seule option possible pour parvenir à un dévelopement durable, où la voix des filles sera aussi décisive que celle des garçons."

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