A Bangui, les inondations détruisent des centaines de maisons et font des milliers de sans-abri

Photo aérienne d\'un quartier de Bangui envahi par les eaux de l\'Oubangui, le 28 octobre 2019.
Photo aérienne d'un quartier de Bangui envahi par les eaux de l'Oubangui, le 28 octobre 2019. (FLORENT VERGNES / AFP)

Selon la Croix-Rouge, il y aurait 28 000 sans-abri en Centrafrique, dont 8000 pour la seule capitale Bangui.

C’est une inondation exceptionnelle en cette fin de saison des pluies, marquée par des précipitations tout aussi exceptionnelles. L'Oubangui est en crue et noie la campagne, mais aussi les villes et villages de la République centrafricaine. A Bangui, la capitale construite sur les berges de la rivière, l'eau a envahi plusieurs quartiers.

Sur les images postées sur Twitter, les habitants se déplacent en pirogue dans les ruelles transformées en marécages. Deux arrondissements de Bangui sont particulièrement touchés, les plus proches de la rivière.

Destructions

Pire encore, "les murs en terre des maisons ont littéralement fondu sous les eaux", explique l'AFP. Un habitant sinistré explique : "Il faut qu'on puisse abriter les familles en attendant que l'eau descende. Ça va au moins durer jusqu'à fin novembre !"

Beaucoup de pêcheurs ont en plus perdu leurs filets emportés par la crue. Les sinistrés ne savent pas où aller, n’ayant personne pour les héberger. La radio Ndeke Luka parle d’habitants regroupés sous un manguier avec leurs bagages sur une placette épargnée par les flots. "Nous ne savons que faire. Les habitations sont inondées. Nous avons choisi de nous installer au lycée de Bimbo, mais on nous dit que ce n’est pas possible, les élèves y prennent des cours", explique un sinistré.

Choléra et autres épidémies

Selon la Croix-Rouge, il y aurait près de 4000 maisons détruites dans la capitale. Pour la province, aucun chiffre officiel n’a été avancé. On parle de 7000 maisons et de 50 000 personnes concernées.

Désormais, on craint les épidémies. Les latrines ont débordé, les ordures flottent et l’eau est impropre à la consommation. La population, qui craint le choléra, est également assaillie par les moustiques et souffre du froid dans cet environnement humide.

Incurie sur l'entretien des canaux

Il y a dix ans déjà, la crue de l’Oubangui avait durement frappé la Centrafrique. Cette fois, ce serait pire encore, selon les habitants. Certains y voient la conséquence du réchauffement climatique. D’autres y ajoutent l’incurie dans l’entretien des caniveaux d’évacuation des eaux.

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