Présidentielle au Sénégal : Macky Sall réélu au premier tour

Macky Sall, lors d\'un discours après avoir voté pour le premier tour de l\'élection présidentielle, à Fatick (Sénégal), le 24 février 2019. 
Macky Sall, lors d'un discours après avoir voté pour le premier tour de l'élection présidentielle, à Fatick (Sénégal), le 24 février 2019.  (ZOHRA BENSEMRA / REUTERS)

Au pouvoir depuis 2012, il revendiquait la victoire au premier tour depuis dimanche, tandis que ses quatre opposants estimaient qu'un deuxième tour s'annonçait.

Le président sénégalais sortant Macky Sall a remporté son pari d'être réélu dès le premier tour en recueillant 58,27% des suffrages lors du scrutin du 24 février. C'est ce qu'a annoncé jeudi 28 février la Commission nationale de recensement des votes (CNRV), dont les résultats sont susceptibles de recours devant le Conseil constitutionnel. A 56 ans, Macky Sall, au pouvoir depuis 2012, a devancé l'ancien Premier ministre Idrissa Seck, crédité de 20,50% des suffrages, le député "antisystème" Ousmane Sonko (15,67%), le président d'université privée Issa Sall (4,07%) et l'ancien ministre Madické Niang (1,48%), selon le président de la CNRV, Demba Kandji. La participation a été de 66,24%, a précisé le magistrat.

L'annonce a provoqué des scènes de liesse au siège de campagne de Macky Sall, où le président élu devrait s'exprimer plus tard dans la journée, selon des correspondants de l'AFP. "Macky Sall a fait trois fois plus de voix que le second. C'est ce qu'on appelle une victoire sans appel", a commenté sa collaboratrice Aminata Touré. Selon Demba Kandji, la représentante d'Idrissa Seck à la CNRV ne s'est pas présentée jeudi pour la proclamation des résultats, tandis que ceux des autres candidats d'opposition ont assorti leur signature du procès-verbal "d'observations écrites", qui seront transmises au Conseil constitutionnel, seul habilité à proclamer les résultats définitifs.

L'opposition devrait tenir une conférence de presse conjointe

Le Sénégal retenait son souffle depuis le début de la matinée pour savoir si Macky Sall avait réellement remporté l'élection dès le premier tour, comme son camp le revendiquait depuis dimanche, ou si ses quatre opposants le contraignaient à un second tour à l'issue indécise. Dénonçant mercredi soir des "irrégularités" lors du scrutin, le Pastef-les Patriotes, la formation d'Ousmane Sonko, révélation de la campagne électorale, avait appelé à la "vigilance absolue" et à refuser tout "forcing" de la majorité.

Les quatre adversaires de Macky Sall se sont réunis au domicile d'Idrissa Seck, selon des journalistes de l'AFP. Ils n'ont fait aucune déclaration à leur sortie mais devraient tenir une conférence de presse conjointe. Les résultats égrenés ces derniers jours par les médias, qui ont collecté les données des procès-verbaux affichés devant chaque tribunal départemental, avaient conforté l'optimisme du camp présidentiel, qui avait revendiqué la victoire dès dimanche soir, et suscité la colère de ses rivaux, qui les jugeaient non conformes et ont clamé qu'un second tour était "inévitable".

Sur le plan politique, une seconde manche, dans un mois, aurait pu s'avérer périlleuse pour le président sortant, qui aurait été confronté à un front uni de l'opposition. Macky Sall voulait d'autant plus éviter une seconde manche que ce scénario lui avait permis en 2012, en tant que chef de file de l'opposition, de battre au second tour son prédécesseur, Abdoulaye Wade, qui avait viré en tête au premier.

Des relations tendues avec l'opposition

Si son élection est définitivement confirmée par le Conseil constitutionnel, Macky Sall entend poursuivre la mise en œuvre de son "plan Sénégal émergent", lancé en 2014, dont la première phase s'est principalement traduite par de grands travaux, notamment l'édification de la ville nouvelle de Diamniadio, à 32 km de Dakar, l'ouverture d'un nouvel aéroport international et la construction d'un train express régional dont la mise en service est attendue dans les prochains mois. 

Il devra aussi tenter d'apaiser les relations avec l'opposition, qui avait dénoncé avant le vote l'invalidation des candidatures de Karim Wade, fils et ancien ministre du président Abdoulaye Wade (2000-2012), et de Khalifa Sall, maire déchu de Dakar, tous deux frappés par des condamnations judiciaires. Elle a aussi critiqué l'instauration d'un nouveau système de parrainages qui a éliminé 20 des 27 prétendants.

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