"Guiss Guiss", première exposition personnelle en Europe de l'artiste sénégalais Kassou Seydou

Avec "Guiss Guiss", la galerie Cécile Fakhoury à Paris présente les dernières toiles inédites de Kassou Seydou.

Les toiles de l'exposition Guiss Guiss (La vision) sont exposées jusqu’au 29 janvier 2022 à la galerie Cécile Fakhoury à Paris.

De façon grave ou ironique, Kassou Seydou, artiste unique dans le paysage de la peinture ouest-africaine, exprime avec poésie les contradictions et les défis du Sénégal contemporain.

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L’artiste Kassou Seydou né en 1971 au Sénégal a été formé à l’Ecole nationale des Beaux-Arts de Dakar entre 1998 et 2001. Ses peintures abordent différents aspects du Sénégal d’aujourd’hui : les migrations et leur impact sur la société et la jeunesse, la question du travail, le rapport à la tradition… Il conçoit chaque œuvre comme un macrocosme idéal où il place l’harmonie entre les hommes et la nature au cœur d’une société apaisée. Les personnages qui habitent ses toiles sont autant les clés d’interprétation que les porteurs de cette vision du monde.      KASSOU SEYDOU (PHOTO GRÉGORY COPITET)
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Dans son univers pictural poétique, l’artiste voile ses œuvres d’une couche de signes délicats qui semblent plonger ses personnages et leurs paysages dans un espace symbolique, habité d’animaux, de sculptures et de formes colorées. Chaque toile est un récit mystérieux, une allégorie où cohabitent différents éléments empruntés à diverses cultures, temporalités et géographies. Mis ensemble, ces symboles se complètent et constituent les éléments structurels de la grammaire de l’artiste. Telles les fondations d’une langue visuelle, des lignes graphiques tapissent le fond de ses toiles. Sa peinture se veut écriture.      KASSOU SEYDOU (PHOTO GRÉGORY COPITET)
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L’exposition "Guiss Guiss" qui signifie en wolof "La Vision" évoque le trajet et le souvenir du "Joola". Ce ferry qui assurait la navette entre la capitale sénégalaise et la région de Casamance a sombré le 26 septembre 2002, au large des côtes de la Gambie, causant la mort de 1 863 personnes. Près de vingt ans après, ce bateau hante toujours l’esprit des voyageurs. Dans cette série, le voile de l’écriture symbolique est représenté par une multitude de vaguelettes, d’ondes où flottent les fantômes du "Joola". Emerge alors un avertissement à celles et ceux qui doivent entreprendre le long voyage de la migration vers l’Europe, celui de tous les dangers. "Guiss Guiss" présente également des œuvres réalisées en résidence à Deni Birame Ndao, loin de la ville, tout près de la forêt. Une retraite salvatrice pour Kassou Seydou qui lui a permis de laisser place aux souvenirs et aux réflexions hors du bruit du monde.      KASSOU SEYDOU (PHOTO GRÉGORY COPITET)
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