La justice française rend un non-lieu dans l'enquête sur l'attentat déclencheur du génocide au Rwanda en 1994

Des proches de l\'actuel président rwandais Paul Kagame (ici à Paris le 23 mai 2018) risquaient d\'être renvoyés devant une cour d\'assises dans le cadre de cette enquête.
Des proches de l'actuel président rwandais Paul Kagame (ici à Paris le 23 mai 2018) risquaient d'être renvoyés devant une cour d'assises dans le cadre de cette enquête. (JULIEN MATTIA / NURPHOTO / AFP)

Closes une première fois, les investigations avaient été relancées en 2016 mais se sont heurtées à une série d'obstacles avant d'être définitivement bouclées en décembre 2017.

Les juges d'instruction en charge de l'enquête sur l'attentat contre le président rwandais Juvénal Habyarimana ont rendu une ordonnance de non-lieu, écartant la perspective d'un procès sur cet épisode déclencheur du génocide de 1994, a appris franceinfo mercredi 26 décembre de source judiciaire.

Ils ont ainsi suivi les réquisitions du parquet de Paris, qui réclamait en octobre l'abandon des poursuites contre des proches de l'actuel président rwandais Paul Kagame, qui risquaient d'être renvoyés devant une cour d'assises.

Les parties civiles vont faire appel

Dans cette ordonnance rendue le 21 décembre, les magistrats expliquent prendre cette décision "en l'absence de charges suffisantes", a précisé une source judiciaire à l'AFP.

L'information judiciaire avait initialement été ouverte pour "assassinat et complicité d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste", ainsi que pour "association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme". Me Philippe Meilhac, avocat de la veuve de l'ex-président, a annoncé que les parties civiles allaient faire appel de cette ordonnance.

Une information judiciaire ouverte en 1998

Le 6 avril 1994, l'avion de Juvénal Habyarimana, un Hutu, avait été abattu en phase d'atterrissage à Kigali par au moins un missile. Cet attentat est considéré comme le déclencheur du génocide qui fit 800 000 morts, selon l'ONU, principalement dans la minorité tutsi.

En France, une information judiciaire avait été ouverte en 1998 après la plainte des familles de l'équipage, composé de Français. Le premier juge saisi, Jean-Louis Bruguière, avait privilégié l'hypothèse d'un attentat commis par des soldats de l'ex-rébellion tutsi du Front patriotique rwandais (FPR), dirigé par Paul Kagame, devenu président en 2000.

Closes une première fois, les investigations avaient été relancées en 2016, mais se sont heurtées à une série d'obstacles avant d'être définitivement bouclées en décembre 2017.

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