La justice française confirme le non-lieu dans l'enquête sur l'attentat déclencheur du génocide au Rwanda en 1994

L\'ancien président rwandais, Juvenal Habyarimana, le 7 octobre 1982.
L'ancien président rwandais, Juvenal Habyarimana, le 7 octobre 1982. (PIERRE GUILLAUD / AFP)

Les juges antiterroristes avaient ordonné le 21 décembre 2018 d'abandonner les poursuites contre neuf membres ou anciens membres de l'entourage de l'actuel président rwandais, Paul Kagame.

La cour d'appel de Paris a confirmé vendredi 3 juillet le non-lieu rendu après vingt ans d'enquête sur l'attentat contre l'avion du président rwandais Juvénal Habyarimana, épisode déclencheur du génocide de 1994. Après six mois de délibérations, les magistrats de la chambre de l'instruction de la cour d'appel ont confirmé la décision des juges antiterroristes, qui ont ordonné le 21 décembre 2018 d'abandonner les poursuites contre neuf membres ou anciens membres de l'entourage de l'actuel président rwandais, Paul Kagame.

800 000 morts en 1994

Les avocats de la famille Habyarimana et de celles de l'équipage français de l'avion ont annoncé qu'ils formeraient un pourvoi en cassation. A défaut d'un procès immédiat, ils espéraient à minima que la cour ordonne la réouverture des investigations afin que la justice française se fasse communiquer un rapport secret de 2003 du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), qui attribuait la responsabilité de l'attaque au clan Kagame.

Le 6 avril 1994, l'avion transportant Juvénal Habyarimana, un Hutu, et le président burundais Cyprien Ntaryamira avait été abattu en phase d'atterrissage vers Kigali par au moins un missile. Cet attentat est considéré comme le déclencheur du génocide qui fit plus de 800 000 morts selon l'ONU, principalement dans la minorité tutsi.

Qui est l'auteur du tir fatal sur l'avion présidentiel ? Les enquêteurs français ont longtemps privilégié la responsabilité des rebelles tutsis menés par Paul Kagame, devenu président du pays en 2000, avant de s'orienter, sans davantage aboutir, vers une implication d'extrémistes hutus, soucieux de se débarrasser d'un président trop modéré à leurs yeux.

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