Commission sur le rôle de la France au Rwanda : "C’est un début dont nous attendons beaucoup", dit le président de l’association Ibuka France

Des représentants de l\'association Ibuka reçus par Emmanuel Macron à l\'Élysée le 5 avril 2019.
Des représentants de l'association Ibuka reçus par Emmanuel Macron à l'Élysée le 5 avril 2019. (PHILIPPE WOJAZER / POOL)

Marcel Kabanda a réagi vendredi sur franceinfo alors qu'une commission d'historiens et de chercheurs va étudier le rôle de la France au Rwanda entre 1990 et 1994.

"C'est un début dont nous attendons beaucoup", a réagi Marcel Kabanda, président de l’association Ibuka France, dont les représentants ont été reçus par Emmanuel Macron vendredi 5 avril à l'Elysée alors que se tiennent dimanche les cérémonies pour le 25e anniversaire du génocide au Rwanda.

"Nous tenons à ce qu’il y ait un discours, un appel fort qui reconnaisse ce génocide", a-t-il poursuivi. "Il faudra voir comment cette commission va travailler, mais je dois être prudent", a ajouté Marcel Kabanda, après l'annonce de la mise en place d'une commission d'historiens et de chercheurs chargée d'examiner le rôle de la France au Rwanda entre 1990 et 1994.

franceinfo : C'est la première fois que vous êtes reçu à l’Elysée. Avez-vous le sentiment qu'il y a un changement d’attitude de la part du gouvernement français ?

Marcel Kabanda : Jusqu’à présent, nous étions tenus à distance. Jamais on n'a vu un chef d’Etat s’intéresser à cette question. C’est un début dont nous attendons beaucoup.

Que pensez-vous de la création de cette commission d’historiens ?

Je prends acte de ce compromis. On ne me demande pas mon avis. Il faudra voir comment cette commission va travailler, mais je dois être prudent. Nous jugerons au résultat. Nous avons aussi porté au président de la République, d’autres problématiques, celle de la mémoire, celle des rescapés, celle des conséquences du génocide sur les rescapés. Nous souhaitons que l'Etat français prenne aussi en considération ces conséquences-là.

Favoriser la mémoire, par quoi cela doit-il passer selon vous ?

Ça doit d’abord passer par un discours clair. Nous tenons à ce qu’il y ait un discours, un appel fort qui reconnaisse ce génocide. Le silence, l’absence de discours, a permis à un discours négationniste de fleurir.

Cette histoire doit-elle passer par l’enseignement aussi ?

La recherche et l’enseignement, ça veut dire qu’on est dans la transmission. Si cela rentre dans les programmes d’éducation, c’est une prise en compte et ça veut dire que cela existe. Ça veut dire que nous sommes intéressés ici par ce qu’il s'est passé là-bas.

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