Retour au calme précaire au Gabon

(Radio France © France Info)

La situation reste incertaine au Gabon, au lendemain de la victoire annoncée d'Ali Bongo à la présidentielle. De nouveaux incidents ont secoué dans la nuit Port-Gentil, la capitale économique, tandis que le calme est revenu à Libreville.

Malgré un retour à un calme relatif, la situation reste tendue dans les principales villes du Gabon où les magasins sont fermés et les rues désertes au lendemain de l'annonce des résultats contestés de la présidentielle remportée par Ali Bongo.

Les autorités, qui avaient déjà pris des mesures renforçant la sécurité après les premières violences post-électorales en instaurant notamment un couvre-feu à Port-Gentil, ont durci le ton. Le gouvernement "ne saurait tolérer la volonté de chaos qui anime certains candidats et leurs militants, dont l'objectif (...) est de plonger le pays dans les abîmes d'une violence politique", selon un communiqué officiel, qui ne cite aucun nom mais accuse "certains candidats" d'avoir appelé "la population à une contestation violente des résultats".

Le système Bongo en ligne de mire

Des flambées de violence ont éclaté hier à l’annonce des résultats à Libreville et Port-Gentil, les deux principales villes du pays. A Port-Gentil (sud-ouest), capitale économique du pays mais aussi bastion de l'opposition, c'est la France, accusée d'avoir soutenu le fils d'Omar Bongo, qui a été visée. Le consulat de France a été partiellement incendié, alors que les groupes Total et Schlumberger ont été visés. La ville a connu une nuit de pillage et la mise à sac et l'incendie de l'un de ses grands marchés aux fruits et légumes.

Bernard Kouchner a réaffirmé aujourd’hui à Paris que ''tout est prêt pour protéger nos ressortissants''. Démentant toute ingérence de Paris dans la présidentielle gabonaise, le chef de la diplomatie a de nouveau écarté pour l'heure toute évacuation de ressortissants. La France compte près d'un millier de soldats au Gabon. Quelque 10.000 Français vivent au Gabon, dont 2.000 à Port-Gentil, capitale économique du pays.

Le Conseil des ministres réuni hier a exhorté les Gabonais "à accepter le verdict des urnes" et annoncé "un renforcement des mesures de sécurité sur toute l'étendue du territoire", sans plus de détails. Selon les résultats officiels de ce scrutin à un tour, Ali Bongo, 50 ans, candidat du parti au pouvoir et fils du défunt président Omar Bongo Ondimba, a remporté la présidentielle avec 41,73% des suffrages. Il devance l'ex-ministre de l'Intérieur André Mba Obame (25,88%), et Pierre Mamboundou (25,22%) qui revendiquent la victoire et contestent ces résultats.

Caroline Caldier avec agences