Suite à des manifestations, les étudiants de Kinshasa expulsés de leur cité universitaire

La façade de l\'université de Kinshasa, en RDC.
La façade de l'université de Kinshasa, en RDC. (PAPY MULONGO / AFP)

Les étudiants de Kinshasa sont descendus dans la rue. Ils réclament une réduction des frais universitaires. Mais des heurts violents ont éclaté avec les forces de l'ordre.

Après deux jours d’échauffourées entre étudiants et policiers au cœur de l’université à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), le ministre de l’Enseignement supérieur, Thomas Luhaka, a pris une mesure sans précédent le 11 janvier 2020. La fermeture du campus et l’obligation faite aux étudiants de quitter leurs logements universitaires. Ils avaient 48 heures pour quitter les lieux.

Certains ne s'y sont pas pliés de bonne grâce, allant même jusqu’à incendier leur chambre. "Il y avait des impératifs sécuritaires. On a découvert des armes, des quantités énormes de chanvres et de la drogue. On avait raison de lancer cette opération", a rappelé Thomas Luhaka.

Chasser les intrus

C'est aussi l’avis de certains enseignants qui soutiennent l’action du ministère. Selon Mathieu Bokolo, le président de l’association des professeurs, "c'est l'occasion de chasser ceux qui vivent sur le campus alors qu'ils ne sont plus inscrits à l’université", a-t-il déclaré à nos confrères de la Deutsch Welle.

Désormais, tous les étudiants ont quitté le site. Mais certains affirment dormir à la belle étoile, n’ayant pas de famille pour les accueillir à Kinshasa. C’est le cas de l’un d’eux qui témoigne sur Radio Okapi.

Hausse des frais de scolarité

Le 6 janvier, une manifestation de plusieurs centaines d’étudiants a été dispersée par les forces de l'ordre. Selon un bilan donné par la police, neuf personnes ont été blessées dont sept graves, onze personnes interpellées dont cinq étudiants, des bâtiments vandalisés dont une banque et un véhicule incendié.

Les mouvements étudiants sont récurrents en RDC. Une nouvelle fois, les étudiants dénoncent l'augmentation de leurs frais académiques. Cette hausse est provoquée par l'application d'un taux de conversion du franc congolais (FC) avec le dollar qu'ils jugent défavorable.

"En RDC, les prix des biens, services et rémunérations, y compris dans le secteur public, sont référencés en dollar américain et payables en franc congolais. Le taux de change officiel diffère presque toujours de celui du marché parallèle", explique Radio Okapi.

Réhabiliter les locaux

Il y a deux ans déjà, les étudiants avaient manifesté pour les mêmes raisons. A l’époque, le taux de change était de 920 francs congolais pour un dollar. Cette année, il a été porté de 920 à 1700 francs congolais pour un dollar.

Désormais, la fermeture du campus a relégué au second plan le problème des frais de scolarité. Le gouvernement dit réfléchir à une solution pour les étudiants sans logement en ville. Tandis qu’il entend lancer au plus vite des travaux de réhabilitation des résidences universitaires. "Nous ne pouvons pas, par décence et par responsabilité, permettre que nos enfants retournent vivre dans ces conditions", a précisé le ministre.

Vous êtes à nouveau en ligne