La République démocratique du Congo privée d’Internet

France 24

Coupé par les autorités après les élections dans le pays, Internet n’a toujours pas été rétabli. Cela a évidemment des conséquences sur la vie quotidienne.   

Dix-sept jours maintenant qu’Internet a été coupé en République Démocratique du Congo. Les autorités ont pris cette décision le 31 décembre dernier, au lendemain du vote, afin d'éviter la propagation de résultats ou de rumeurs de résultats de l'élection présidentielle. Plus de deux semaines après, la population continue de vivre quasiment coupée du monde, sans connexion Internet ni possibilité d'utiliser les sms. Les répercussions, notamment économiques, sont nombreuses.   Une visite dans un cybercafé de la capitale congolaise -Kinshasa, où vivent plus de 10 millions d’habitants- permet de saisir l'ampleur des conséquences de cette coupure. « On ne sait pas quand Internet sera rétabli, on avance commence ça avec des impressions, des photocopies, mais notre business est basé sur Internet, alors sans la connexion, on est « down » », affirme Schadrack, un gérant de cybercafé.  Les étudiants utilisent souvent les cybercafés pour effectuer leurs devoirs à la maison. Ils sont pour le moment au point mort. « Nous sommes des étudiants, on doit avoir accès à Internet pour faire nos TP. Lorsque nos professeurs à l'université nous donnent un TP, c'est pour aller faire des recherches à cultiver et de saisir, mais avec cette coupure d'Internet, on a du mal à faire nos recherches », explique Jonathan.   En cette période électorale, la coupure d'internet prive également les Congolais d'information. « Le peuple doit être informé à tout moment, et Internet nous aide à comprendre tout ce qui se passe dans le pays, mais en ce moment on ne sait rien » ajoute un habitant.   Pour les autorités, cette coupure d'internet est gênante, mais elle se justifie par des raisons de sécurité. « Qu'est-ce qui est plus important ? Notre confort ou notre sécurité ? Je pense qu'il faut comprendre qu'il en va de la sécurité de tous les Congolais, et que pour éviter cette ambiance de guerre civile dans laquelle nous étions en train de glisser lentement, on peut comprendre que les services compétents aient pris cette mesure » justifie Lambert Mende, ministre de la communication.   Kinshasa prend son mal en patience. L'Église catholique, plusieurs ONG et une partie de l'opposition ont déjà dénoncé cette coupure, sans résultat pour l'instant.

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