RDC : Joseph Kabila, président désigné mais contesté

Un supporteur du président Joseph Kabila, qui porte un tee-shirt à son effigie, salue sa réélection, à Goma (République démocratique du Congo), le 9 décembre 2011.
Un supporteur du président Joseph Kabila, qui porte un tee-shirt à son effigie, salue sa réélection, à Goma (République démocratique du Congo), le 9 décembre 2011. (SIMON MAINA / AFP)

Les résultats ont été annoncés par la Commission électorale nationale indépendante. Son rival, Etienne Tshisekedi, se proclame lui aussi "président élu". 

Le président sortant de la République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila a été désigné, vendredi 9 décembre, vainqueur de la présidentielle du 28 novembre par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Il l'a emportée avec 48,95 % des voix, loin devant son grand rival Etienne Tshisekedi, qui a totalisé 32,33 % des suffrages, selon des chiffres provisoires révélés par la Ceni. Cette dernière a annoncé ces résultats avec trois jours de retard sur la date initialement prévue

Ces résultats, qui doivent encore être validés par la Cour suprême de Justice (CSJ), sont contestés par le rival de Joseph Kabila. Etienne Tshisekedi s'est immédiatement proclamé "président élu". Le vainqueur définitif sera désigné le 17 décembre par la CSJ.

"Cette Cour est une institution privée de Kabila. On ne peut pas leur faire l'honneur de recourir [aux juges de la Cour]. Ce serait leur reconnaître une certaine légitimité. Je ne le ferai jamais", a indiqué Etienne Tshisekedi. Peu après le scrutin du 28 novembre, l'opposant avait menacé de lancer un "mot d'ordre" si Joseph Kabila ne respectait pas "la volonté du peuple".

Des scènes de liesse et quelques incidents

A Kinshasa, les partisans du président sortant Joseph Kabila ont célébré la victoire de leur leader après l'annonce des résultats de l'élection présidentielle par la Ceni.

 

Reuters et VRT TV belge

Dans d'autres quartiers placés sous haute surveillance policière et militaire depuis mardi, quelques incidents ont éclaté. Des tirs ont été entendus peu après l'annonce de la victoire de Kabila par la Ceni. Quelques pillages ont également eu lieu.

Signe de l'inquiétude ambiante, la Belgique, ancienne puissance coloniale, a appelé à éviter la violence. Paris a exhorté les autorités congolaises à "assurer l'ordre public dans le respect de l'Etat de droit". Le Royaume-Uni s'est de son côté dit "préoccupé" par des soupçons d'"irrégularités" et a appelé la CSJ à examiner tous les recours "rapidement et de façon transparente".

Qui est Joseph Kabila ?

Joseph Kabila, 40 ans, est l'un des plus jeunes chefs d'Etat africains. Fils de Laurent-Désiré Kabila, président de la RDC de 1997 au 16 janvier 2001, date à laquelle il se fait assassiner par l'un de ses gardes du corps, Joseph est alors désigné par l'entourage de son père pour lui succéder.

Un gouvernement de transition est mis en place le 30 juin 2003, à la suite des accords de paix inter-congolais qui mettent fin à la deuxième guerre du Congo, entamée en 1998.

En 2004, des supporters de l'ancien président Mobutu Sese Soko (dont Laurent-Désiré Kabila fut le successeur) essaient sans succès de renverser Joseph Kabila.

En 2006, il se présente à l'élection présidentielle, contre 33 autres candidats. Il remporte le scrutin avec 58,05 % des voix au deuxième tour, contre Jean-Pierre Bemba, nommé vice-président du gouvernement de transition en 2003.

L'opposant Etienne Tshisekedi, candidat malheureux à la présidentielle de 2011, avait lui refusé d'entrer dans le gouvernement de transition.

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