Procès de l'Arche de Zoé : Eric Breteau dément tout

(Radio France ©RADIOFRANCE / Gilles Gallinaro)

Deuxième jour de procès, ce samedi, à N'Djamena, au Tchad. Hier, les avocats des six Français ont demandé -sans succès- l'annulation de la procédure. Eric Breteau a pris la parole pour contester les faits qui lui sont reprochés.

Deux mois seulement après les faits, après une instruction de 40 jours, les six Français inculpés pour avoir tenté de sortir du Tchad 103 enfants doivent répondre "d'enlèvements d'enfants".

A l'époque, ils prétendaient qu'il s'agissait de jeunes orphelins du Darfour. Finalement, un grand nombre d'entre eux étaient Tchadiens et avaient encore leurs parents.

Les avocats des inculpés, rendus à N'Djamena où se tient le procès, ont l'intention de plaider l'acquittement.
_ Selon Gilbert Collard, avocat de la défense, les accusés vont expliquer qu'ils n'étaient pas venus ici pour faire du tort à quiconque, mais pour sauver des vies à tous prix. Eric Breteau, le président de l'association l'Arche de Zoé a tenu à prendre la parole. Pour contester les faits qui lui sont reprochés.

A la mi-journée, à l'issue d'une brève suspension d'audience, la Cour criminelle de N'Djamena a rejeté une demande de nullité de la procédure formulée par la défense. "Toute la procédure doit être annulée, vous êtes irrégulièrement saisis, on a brûlé les étapes pour des raisons que nous ignorons", a déclaré Maître Abdou Lamian, avocat tchadien des six membres français de l'association L'Arche de Zoé.
_ Les avocats des trois Tchadiens et du Soudanais, jugés aux côtés des six Français pour complicité, s'étaient joints à cette demande, dénonçant des "ratés procéduraux graves."

Le président de la Cour a ajourné les débats peu avant 15 heures. Ils reprennent ce matin avec les auditions des autres accusés.

Hier, la journaliste de France-3 Marie-Agnès Péleran, qui avait accompagné l'Arche de Zoé au Tchad, s'est exprimé dans les médias française. Elle a admis qu'une partie de l'opération était clandestine côté tchadien, où il avait fallu faire confiance aux intermédiaires malgré la méconnaissance du pays. Mais pas côté français où les autorités auraient été informées dès le départ. Elle a démenti "toute dérive sectaire" et assuré que l'esprit était "vraiment humanitaire".

Eléonor Le Bugle (avec agences)