Tunisie: des lieux de culte juifs attaqués à Djerba

Alors que la Tunisie connaît une forte tension sociale et des manifestations contre la hausse des taxes, des lieux juifs ont été victimes d’attaques. Sur l'île de Djerba, ces lieux de prière ont été visés le 9 janvier 2018 par des engins incendiaires qui ont causé quelques dégâts sans faire de victimes.


Dans la soirée du mardi 9 janvier, des inconnus ont tenté de mettre le feu à des lieux de prière juifs dans la Hara, quartier juif relevant de Houmt Souk à Djerba.

«Selon l’avocat Yves Kamhi, qui a posté des photos, il s’agit de deux, et non pas un seul endroit, qui ont été les cibles des malfaiteurs: la Synagogue du Rabbin Abraham et du Rabbin Beitsalel. Il note toutefois qu’aucun des Sefers Torah (une copie manuscrite de la Torah) n’ont été détruits», écrit le site tunisien Webdo.

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Pour le membre de la communauté juive de Djerba, Elie Trabelsi, il s’agissait d’une «tentative ratée» durant laquelle des cocktails molotov ont été utilisés contre la synagogue. «Aucune victime n’est à déplorer», a-t-il écrit.

La justice tunisienne a estimé que «l’attaque aux cocktails Molotov contre un lieu de culte juif à la Hara Kbira, à Djerba-Houmet Souk, n’est autre qu’un acte de vandalisme». «Cet incident ne pourrait être interprété en aucun cas d’attaque terroriste compte tenu du contexte dans lequel il a eu lieu, a-t-elle ajouté, soulignant que cet acte fait partie des actes de délinquance menées par des casseurs et des pilleurs infiltrés parmi les manifestants lors des mouvements de protestation enregistrés ces derniers jours dans plusieurs villes du pays», selon le journal tunisien African Manager.

La Tunisie abritait autrefois une importante communauté juive. En 2002, la synagogue de la Grhiba avait été la cible d’un attentat qui avait fait 21 morts. «Quelque 1.500 juifs vivent aujourd’hui en Tunisie, contre 100.000 avant l’indépendance avec la France en 1956», selon le Times of Israël.

L'Association tunisienne de soutien des minorités
 a déconcé ces faits, estimant que «cet incident est plus grave qu'un simple acte de vandalisme, considérant son aspect antisémite, et porteur de haine, mettant en garde contre ce genre d'agissements ayant une connotation haineuse et discriminatoire, utilisant de surcroît la politique de la terreur».


Toujours difficile de savoir qui sont les auteurs de telles attaques dans un climat de tension sociale et de manifestations propices à toutes les manipulations. Mais ces actes s'inscrivent dans un climat dans lequel certains tentent de jouer la carte antisémite. En décembre 2017, des extrémistes islamistes avaient appelé à incendier la Ghriba après la décision américaine concernant Jérusalem. Elie Trabelsi avait alors indiqué que «la Ghriba est un symbole de l’Etat tunisien», ajoutant: «Ils trouveront toujours une excuse sous la couverture d’une cause révolutionnaire pour inciter les autres» à commettre de tels actes. Des propos qui semblent toujours d’actualté.

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