Soudan : l’armée veut-elle sauver Béchir ?

Des manifestants soudanais font le V de la victoire sur le capot d\'un véhicule militaire le 7 avril 2019 à Khartoum.
Des manifestants soudanais font le V de la victoire sur le capot d'un véhicule militaire le 7 avril 2019 à Khartoum. (AFP)

Les dernières informations en provenance de Khartoum, la capitale du Soudan, montrent une implication de l’armée dans la situation politique. Pour la première fois, elle est descendue dans la rue lors des manifestations qui demandent le départ du président Omar el-Béchir. Pour le défendre ? Ou, comme en Algérie, pour trouver une solution de remplacement ?

Le 8 avril 2019 au matin, pour la première fois depuis le début du mouvement de protestation, des militaires sont apparus dans les rues, se déployant autour du quartier général devant lequel sont rassemblés des milliers de manifestants pour le troisième jour consécutif afin de réclamer la démission du président Omar el-Béchir, selon des témoins, cités par l’Agence France Presse.

Selon l’agence Reuters, des soldats soudanais ont pris la défense de milliers de manifestants anti-gouvernementaux que les forces de sécurité tentaient de disperser dans le centre de Khartoum. Ces soldats sont intervenus pour protéger les manifestants qui venaient de passer une deuxième nuit devant le ministère de la Défense, dans le centre de la capitale, et que les forces de sécurité ont chargés.

Le principal syndicat du Soudan avait appelé le 5 avril l'armée soudanaise à rejoindre le mouvement et à prendre parti pour les manifestants qui appellent à renverser le régime du président Omar al-Béchir.

Ce dernier avait annoncé la promotion de plusieurs officiers le 8 mars dernier, dans ce contexte de fortes tensions politiques. "Ce n'est pas la première fois que de tels remaniements sont effectués. El-Béchir a pris des décisions visant à changer les dirigeants et le personnel de l'armée au cours des deux mois précédents, le dernier en date étant le 26 février", notait le Middle East Monitor.

Déclenchées le 19 décembre par la décision du gouvernement de tripler le prix du pain, les manifestations se sont rapidement transformées en mouvement de contestation contre M.Béchir, à la tête d'un pays en proie à une crise économique. Depuis le début du mouvement, 32 personnes sont décédées, selon les autorités. L'ONG Human Rights Watch (HRW) a évoqué le chiffre d'au moins 51 morts. 

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