Seule la monnaie locale peut désormais être utilisée au Zimbabwe

Un billet de 100 000 milliards de dollars zimbabwéens. Victime de l\'hyperinflation, la monnaie du Zimbabwe a-t-elle encore un avenir ?
Un billet de 100 000 milliards de dollars zimbabwéens. Victime de l'hyperinflation, la monnaie du Zimbabwe a-t-elle encore un avenir ? (PHILIMON BULAWAYO / Reuters)

Malgré l'inflation, le pouvoir tente de renforcer le dollar zimbabwéen en interdisant l’usage des devises étrangères.

C’est le problème récurrent du Zimbabwe. La faiblesse de sa monnaie et une inflation stratosphérique. Cette fois, le pouvoir interdit toutes les transactions en monnaie étrangère pour tenter d’assécher le marché noir des devises.

Depuis 1997, le dollar zimbabwéen vit ainsi un cercle de mort et renaissance, au rythme d’une économie vacillante qui n’a jamais réussi à décoller sous l’ère Mugabe. Les décisions arbitraires, comme la fermeture des bureaux de change en 2002, se sont succédé, sans apporter de changement. De dévaluation en dévaluation, le "zimdollar" a été délaissé au profit du billet vert, bien plus stable. L’économie s’appuie désormais sur des monnaies étrangères, reines du marché noir.

Lors d\'une manifestation en 2008 à Harare contre l\'hyperinflation. \"Milliardaire affamé\", dit la pancarte. 
Lors d'une manifestation en 2008 à Harare contre l'hyperinflation. "Milliardaire affamé", dit la pancarte.  (HOWARD BURDITT / Reuters)
Mais le dollar américain se fait rare et la monnaie locale ne peut plus suivre le taux de change. En 2016, dans un ultime sursaut, le pouvoir invente un bon du Trésor. Une forme de billet garanti par l’Etat ayant une certaine valeur en dollars. Un vrai faux dollar en quelque sorte.

Inflation record

Une monnaie non convertible, alignée au départ sur le dollar américain, mais dont la parité a fondu depuis son introduction. L’usage des devises étrangères a été accepté par le pouvoir, créant ainsi un système de multidevises. Mais au mois de mai, l’inflation a atteint un record, s’établissant à un taux annuel de 97,85 %. Du jamais vu depuis l’établissement de l’indice en 2009. Le prix de l’essence en particulier a fait un bon de 50 % dans le mois.

Et nous voilà donc arrivés à la dernière péripétie du "zimdollar" : "A compter du 24 juin 2019, la livre britannique, le dollar américain, le rand sud-africain, ou toute autre monnaie, ne peut plus servir de devise avec le dollar zimbabwéen pour une quelconque transaction", a annoncé la Banque centrale du pays. "En conséquence, le dollar zimbabwéen reste la seule devise autorisée pour les transactions au Zimbabwe", a-t-elle ajouté.

Question de confiance

"Cela ne va faire qu'exacerber le chaos ambiant", a regretté le sénateur d'opposition David Coltard. "Le marché s'est redollarisé par manque de confiance dans le dollar RTGS" (zimbabwéen). Car pour beaucoup d’observateurs, c’est d’abord une question de confiance et la monnaie locale, perdant de sa valeur chaque jour, n’inspire pas cette confiance.

Le président Emmerson Mnangagwa a promis de rétablir une véritable devise nationale avant la fin de l’année. En fait, tant que le pays ne créera pas plus de richesses, sa monnaie restera au plus bas. Relancer l’économie, c’est aussi une promesse de Mnangagwa.

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