Sahel : le général français Marc Conruyt, nouveau commandant de la force française Barkhane

Un hélicoptère de transport de la Royal Air Force (Royaume-Uni) venu soutenir les opérations antiterroristes françaises au Mali, à Gao, le 22 août 2018. 
Un hélicoptère de transport de la Royal Air Force (Royaume-Uni) venu soutenir les opérations antiterroristes françaises au Mali, à Gao, le 22 août 2018.  (Fred Marie / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Nommé à la tête de la plus grosse opération extérieure des armées françaises avec 5 100 hommes, le général Marc Conruyt supervisera le déploiement progressif de la force européenne Takuba.

Le général d’infanterie de marine Marc Conruyt va succéder fin juillet 2020 au général Pascal Facon à la tête de la force antijihadiste Barkhane au Sahel. C'est le 8e officier à prendre la tête de cette force, créée le 1er août 2014.

Ancien attaché de défense au Sénégal, le général Conruyt a été chef du bureau Afrique à l’état-major des armées, avant de rejoindre la direction des ressources humaines de l'armée de terre. De 2010 à 2012, il a également commandé le régiment d'infanterie chars de marine (RICM) et ses 850 marsouins.

Affaiblir les capacités militaires des jihadistes

Nommé pour un mandat d'un an, le futur commandant de Barkhane devra dès son arrivée au Sahel mettre en œuvre les objectifs fixés par les chefs d'Etat du G5-Sahel (Niger, Tchad, Mauritanie, Burkina Faso, Mali) et le président français Emmanuel Macron. Le prochain sommet du G5-Sahel, prévu fin juin 2020 dans la capitale mauritanienne Nouakchott, doit évaluer l'efficacité de la décision prise en janvier à Pau d'intensifier les opérations militaires face à la recrudescence des attaques dans la région. Mêlées à des conflits intercommunautaires, ces attaques ont fait 4 000 morts en 2019, selon l'ONU.

Depuis six mois, l'armée française et ses partenaires ont multiplié les offensives dans la zone dite "des trois frontières", aux confins du Mali, du Burkina Faso et du Niger, revendiquant la "neutralisation" de centaines de combattants. Début juin, les forces françaises ont par ailleurs tué le leader d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), l'Algérien Abdelmalek Droukdal. "Nous sommes sur la bonne voie, mais il est encore trop tôt pour crier victoire", a récemment estimé la ministre française de la Défense, Florence Parly.

Un optimisme qui colle mal avec la situation politique du Mali au bord de l'effondrement. Malgré les succès rencontrés par Barkhane, les jihadistes multiplient les actions violentes, notamment contre des forces armées maliennes mal entraînées.

Déployer les forces spéciales européennes

Le général Conruyt devra également superviser la mise en route de la force Takuba, un groupement de forces spéciales européennes destiné à accompagner les soldats maliens au combat. Cette force débutera en août 2020 ses opérations sous commandement de Barkhane, avec une centaine de militaires français et estoniens, qui devraient être rejoints à l'automne par un contingent tchèque d'une soixantaine d'hommes, avant l'arrivée début 2021 de 150 militaires suédois. La Belgique, le Danemark, les Pays-Bas et le Portugal pourraient également déployer des soldats.

La Task Force Takuba devrait atteindre sa pleine capacité opérationnelle début 2021. Sa structuration devrait lui permettre d'agir rapidement et de s'adapter face à l’évolution de la menace représentée par les groupes terroristes. Elle jouera un rôle clé dans l'autonomisation rapide des forces armées locales.

Mais la tâche s’annonce ardue : les jihadistes implantés dans le nord du Mali ont multiplié ces derniers mois les exactions dans le centre du pays, provoquant des millions de déplacés. Face à la crise sociale et à l'impuissance politique de Bamako, les groupes terroristes n'ont pas de mal à recruter, pour quelques milliers de francs CFA, une jeunesse en proie à la précarité et à la pauvreté. Des phénomènes aggravés par les actions des jihadistes qui minent l’économie du pays. La réponse militaire ne sera sans doute pas suffisante.

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