Pourquoi le Botswana est un "modèle" de démocratie et de transparence en Afrique

Une partisane du Parti démocratique du Botswana (PDB) brandit une affiche de Mokgweetsi Masisi, l\'actuel président et chef du parti au pouvoir, lors d\'un rassemblement, le 22 octobre 2019.
Une partisane du Parti démocratique du Botswana (PDB) brandit une affiche de Mokgweetsi Masisi, l'actuel président et chef du parti au pouvoir, lors d'un rassemblement, le 22 octobre 2019. (MONIRUL BHUIYAN / AFP)

Ce pays d’Afrique australe, connu pour ses diamants et ses éléphants, peut se targuer d’avoir connu l’une des croissances les plus dynamiques au monde grâce à la bonne gouvernance mise en place dès l’indépendance.

Le président sortant Mokgweetsi Masisi a été déclaré vainqueur des élections du 23 octobre au Botswana après que son parti a emporté la majorité au Parlement. Le Parti démocratique du Botswana (PDB) est au pouvoir depuis l’indépendance, il y a plus d'un demi-siècle.

Plus de 50 ans de stabilité

Le Botswana, pays africain dont on parle peu au plan politique, est situé en Afrique australe. Un peu plus grand que la France, il ne compte pourtant que 2,2 millions d’habitants, mais est connu pour sa démocratie exemplaire et sa bonne gestion grâce à un homme : Sereste Khama. Dès l’indépendance en 1966, l’héritier du trône de l’ethnie majoritaire tswana, renonce à son titre de roi et opte pour un régime démocratique. Il est le tout premier président élu. Depuis, les chefs d’Etats se succèdent, mais ils sont tous issus d’un seul parti politique : Le Parti démocratique du Botswana.

Le pays du diamant

Le Botswana est l’un des pays les plus prospères d’Afrique grâce à ses diamants. Les ressources minières sont exploitées par l’Etat et les revenus financent plus du tiers des dépenses publiques. Malgré une croissance économique impressionnante (5% par an), les inégalités sociales persistent et près d'un cinquième de la population vit encore sous le seuil de pauvreté, même si ce nombre a été divisé par deux en 25 ans. En raison de la chute du prix du diamant en 2009 et d’un chômage en hausse, le Botswana mise désormais sur le tourisme pour maintenir sa croissance.

Le plus grand sanctuaire d'éléphants

Comme les autres pays d'Afrique australe, le Botswana souffre depuis plusieurs saisons de graves sécheresses liées au réchauffement climatique, qui menacent son agriculture et ses éléphants. Doté d’une flore et d’une faune exceptionnelles, le pays abrite le plus grand sanctuaire africain d’éléphants avec une population de près de 130 000 pachydermes. Pour diversifier son économie, Gaborone (la capitale) tire profit de son patrimoine naturel pour développer le tourisme.

Démocratie et transparence

Le Botswana est souvent cité en exemple pour sa bonne gouvernance et sa lutte contre la corruption. C’est le deuxième pays le moins corrompu d’Afrique, après les Seychelles, selon un classement de Transparency international. Il est également loué pour ses pratiques démocratiques par la Fondation Mo Ibrahim, du nom du philanthrope anglo-soudanais. Les rivalités politiques et les récentes divisions au sein du parti au pouvoir n’ont pas menacé la stabilité du Botswana. Un pays qui réussit sa transition politique, mais qui n’a jamais connu l’épreuve de l’alternance.

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