Mohamed Morsi n'a pas résisté à six ans de prison

Mohamed Morsi dans une cage lors de son procès au Caire, le 18 juin 2016.
Mohamed Morsi dans une cage lors de son procès au Caire, le 18 juin 2016. (CHINE NOUVELLE/SIPA / XINHUA)

Les Frères musulmans, mais aussi des ONG et la Turquie, accusent le régime d'avoir laissé mourir l'ancien président Morsi dans sa prison.

Il est mort après avoir passé six ans en prison. Et pour certains, cette incarcération n’est pas étrangère à cette disparition prématurée. Pour l’ONG Human Rights Watch, qui parle de "maltraitance", l’ancien président Morsi est mort "après des années d’accès insuffisant aux soins". Selon sa famille, il souffrait de diabète et d’une maladie du foie et n’avait jamais pu suivre son traitement.

Et l’ONG dans la foulée réclame une commission d’enquête de la part des Nations unies sur les violations des droits de l’Homme en Egypte. Amnesty International a aussi réclamé une enquête.

Le 1er septembre 2012, le président Mohamed Morsi à son bureau reçoit son ministre de la Défense, Abdel Fattah al-Sissi. Ce dernier le jettera en prison en juillet 2013.
Le 1er septembre 2012, le président Mohamed Morsi à son bureau reçoit son ministre de la Défense, Abdel Fattah al-Sissi. Ce dernier le jettera en prison en juillet 2013. (- / EGYPTIAN PRESIDENCY)

Selon des membres de sa famille, Mohamed Morsi était placé à l’isolement complet, même lorsqu’il faisait de l’exercice, rapporte Human Rights Watch. Toujours selon ses proches, les responsables de la prison lui avaient interdit de regarder la télévision et la lecture des journaux. Ainsi, il ignorait les événements majeurs qui s’étaient déroulés depuis deux ans. En six années, il n’a reçu que trois visites de sa famille.

En mars 2018, une commission indépendante menée par le parlementaire britannique Crispin Blunt condamnait déjà le maintien de M. Morsi à l’isolement. "Le refus d'un traitement médical de base auquel il a droit pourrait entraîner sa mort prématurée", déclarait prémonitoire le député conservateur.

A Diyarbakir, en Turquie, les fidèles se sont rassemblés le 18 juin 2019 pour une prière funéraire à la mémoire de Mohamed Morsi.
A Diyarbakir, en Turquie, les fidèles se sont rassemblés le 18 juin 2019 pour une prière funéraire à la mémoire de Mohamed Morsi. (BESTAMI BODRUK / ANADOLU AGENCY)

Le Parti de la liberté et de la justice, bras politique de l’organisation des Frères musulmans égyptiens, a parlé d’un "assassinat". Le chef de l'Etat turc Recep Tayyip Erdogan, fidèle allié de Morsi, n’est pas en reste et le qualifie de "martyr". La Turquie avait pris le relais du Qatar pour accueillir les militants en exil. "L’histoire n’oubliera jamais ces tyrans qui l’ont conduit à la mort en le jetant en prison et en le menaçant d’exécution", a déclaré le président Erdogan à la télévision.

Et alors que Mohamed Morsi a discrètement été enterré dans la nuit du 17 au 18 juin près du Caire, en Turquie, l’heure était au recueillement. A Istanbul, et dans d’autres grandes villes du pays, des milliers de personnes ont participé à une prière funéraire à la mémoire de l’ancien président égyptien.

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