"Marcher et mourir" : un rapport d’Amnesty international dénonce la répression des manifestations en Guinée

Manifestation contre un troisième mandat du président Alpha Condé, le 7 novembre 2019 à Conakry, en Guinée.
Manifestation contre un troisième mandat du président Alpha Condé, le 7 novembre 2019 à Conakry, en Guinée. (CELLOU BINANI / AFP)

Depuis un an, des Guinéens tentent désespérément de s'opposer à un 3e mandat du président Condé.

A l'approche de la présidentielle prévue le 18 octobre 2020, Amnesty International dresse un tableau sombre de la situation des droits de l’Homme en Guinée. Dans un rapport publié jeudi 1er octobre, l'organisation de droits de l'Homme fait état de dizaines de morts et de blessés civils lors des manifestations de contestation qui se sont succédé depuis octobre 2019.

Des tirs à balles réelles

Le dernier rapport d’Amnesty International Marcher et mourir, basé sur une centaine de témoignages, des documents officiels et des vidéos, pointe du doigt la responsabilité des forces de l’ordre dans la répression des manifestations. En un an, au moins 50 personnes ont été tuées lors de rassemblements qui ont eu lieu dans plusieurs villes de Guinée. Pour arrêter la contestation liée à la réforme de la Constitution, la police a eu plusieurs fois recours à des armes à feu.

Nous avons parlé à des familles meurtries qui nous ont décrit comment leurs enfants ont perdu la vie, victimes d’une balle reçue dans le dos, à la poitrine, à la tête ou au couSamira Daoud, directrice régionale d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale

Des manifestations contre un 3e mandat

C'est la réforme de la Constitution qui a mis le feu aux poudres. Malgré la contestation, la loi a été modifiée suite à un référendum permettant ainsi au président Alpha Condé, au pouvoir depuis 2010, de briguer un troisième mandat. Cette pratique très répandue en Afrique était rejetée en force et de nombreux Guinéens ont continué à manifester malgré la répression.

Outre les dizaines de morts, Amnesty International a recensé 200 blessés et de nombreuses arrestations et détention arbitraires. Les autorités avaient promis d’enquêter mais la quasi-totalité des actions violentes sont restées impunies.

Les menaces, la peur des représailles et l'absence de confiance dans la justice ont conduit des victimes et leurs proches à se cacher et à ne pas porter plainteRapport d'Amnesty International sur la Guinée

L’ONG souligne que l'impunité favorise la répétition des violations et la défiance envers les institutions. Un rappel à l'ordre dans ce pays qui a connu des décennies de régime autoritaire, avant 2010, date de la première élection démocratique qui a porté au pouvoir l’ancien opposant historique Alpha Condé...

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