Mali : le chef de file de l'opposition Soumaïla Cissé est vivant, selon le président Ibrahim Boubacar Keïta

Un militant tient une affiche sur laquelle figure l\'opposant malien Soumaïla Cissé, lors d\'une marche de protestation contre les résultats de la présidentielle au Mali, le 1er septembre 2018, à Bamako. 
Un militant tient une affiche sur laquelle figure l'opposant malien Soumaïla Cissé, lors d'une marche de protestation contre les résultats de la présidentielle au Mali, le 1er septembre 2018, à Bamako.  (ANNIE RISEMBERG / AFP)

L'annonce relative à l'opposant politique, enlevé en mars 2020, a été faite alors que le président fait face à une contestation sans précédent depuis le 5 juin. 

"Soumaïla Cissé est en vie", a affirmé le président malien Ibrahim Boubacar Keïta le 16 juin 2020, en expliquant que les autorités en détenaient des "preuves". Le chef de l'opposition malienne a été enlevé le 25 mars et serait aux mains des jihadistes. "Nous connaissons ses ravisseurs. Et s'il plaît à Dieu, il reviendra bientôt", a dit le chef de l'Etat devant des responsables et des membres de la société civile.

Le président malien leur annonçait notamment son intention de lancer des discussions pour former un gouvernement d'union nationale, dans l'espoir de dissiper la contestation dont il fait l'objet. Cette dernière a fait descendre dans la rue, le 5 juin, des dizaines de milliers de personnes qui ont réclamé sa démission. Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) est à la tête depuis 2013 d'un vaste pays confronté à une crise multiforme mêlant jihadisme, violence et pauvreté. Depuis quelques semaines, il fait face à la mobilisation d'une coalition hétéroclite réunissant responsables religieux, personnalités de la société civile, gens du monde politique, conduite par l'influent imam Mahmoud Dicko. Avec la persistance de la violence et le marasme économique, le sort de Soumaïla Cissé figurait parmi les préoccupations de la coalition. Le mouvement rebaptisé "du 5 juin" a d'ailleurs appelé à un nouveau rassemblement le 19 juin. 

Inquiétudes 

Le président de l'Union pour la République et la démocratie (URD) Soumaïla Cissé, deuxième lors de trois élections présidentielles, a été kidnappé alors qu'il était en campagne pour les élections législatives dans son fief électoral de Niafounké, dans la région de Tombouctou (nord-ouest). Il s'agit de l'enlèvement sans précédent d'une personnalité de cette envergure, même dans un pays et un contexte sécuritaire où les rapts sont nombreux. A défaut de preuve formelle, les soupçons pèsent sur le groupe jihadiste d'Amadou Koufa, actif dans le centre du Mali et affilié à Al-Qaïda.

En annonçant que Soumaïla Cissé est bien vivant, le président malien vient confirmer les informations de Moctar Ousmane Sy, le président du collectif de soutien à l'opposant, qui a de nouveau exprimé sa "profonde inquiétude" le 13 juin, rapporte RFI. Tout comme le président du Parlement panafricain Roger Nkodo Dang. Le parlementaire a récemment fait savoir, toujours sur les antennes de RFI, que lui et ses pairs étaient "très inquiets" que l'un des leurs "soit détenu" dans une période "très compliquée avec le Covid-19" et "dans des conditions inhumaines et dégradantes telles qu’on peut l’envisager". "Nous remercions le gouvernement malien pour les efforts (qu’il est) en train de mener pour la libération de Soumaïla (Cissé). Mais nous pensons que ces efforts doivent se multiplier au regard du contexte actuel (...)", a-t-il ajouté. 

Depuis son rapt, plusieurs personnalités africaines du monde de la politique et de la société civile se mobilisent pour la libération du chef de l'URD. Dans un appel daté du 22 avril et lancé à l'initiative de l'ancien ministre malien de la Justice, Me Mamadou Konatéles signataires souhaitaient, entre autres, "une plus forte implication" du président Ibrahim Boubacar Keïta.

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