Mali : au moins 25 soldats maliens tués et 60 autres portés disparus dans des combats

Des soldats maliens en patrouille à Gao, au Mali, le 24 juillet 2019.
Des soldats maliens en patrouille à Gao, au Mali, le 24 juillet 2019. (SOULEYMANE AG ANARA / AFP)

Il s'agit d'un des coups les plus durs essuyés depuis des mois par l'armée malienne, mais aussi par la force des pays du G5-Sahel.

Au moins 25 soldats maliens ont été tués lors d'intenses combats dans le centre du pays, les 30 septembre et 1er octobre 2019, pour le contrôle de deux camps militaires. Ils ont été attaqués par des jihadistes qui ont eux-mêmes perdu 15 hommes, a indiqué le gouvernement malien.

Il s'agit d'un des coups les plus durs essuyés par l'armée malienne depuis des mois, mais aussi par la force des pays du G5-Sahel (Mali, Mauritanie, Burkina Faso, Tchad et Niger), dont relève un des bataillons maliens attaqués. Une soixantaine de soldats maliens sont par ailleurs portés disparus et l'armée a essuyé de lourdes pertes en matériel, a ajouté le gouvernement dans un communiqué.

Dégradation sécuritaire

L'armée malienne est cependant parvenue à reprendre et conserver le contrôle des positions attaquées à Boulkessy et à une centaine de kilomètres de là, à Mondoro, a déclaré le gouvernement. Ce dernier a par ailleurs indiqué que les combats se poursuivaient et qu'une opération "d'envergure" des forces maliennes, mais aussi burkinabè appuyées par la force française antijihadiste Barkhane, était en cours pour neutraliser les assaillants.

Ces hostilités sont une nouvelle illustration de la dégradation continue de la situation sécuritaire dans le pays en proie depuis 2012 aux insurrections indépendantistes, salafistes et jihadistes, et à des violences interethniques meurtrières. De larges pans du territoire échappent au contrôle du pouvoir central malien.

Frappes aériennes

Des éléments appartenant au groupe Ansaroul Islam, selon la Force du G5-Sahel, ont lancé l'offensive, le 30 septembre, contre le bataillon malien de la force à Boulkessy, près de la frontière avec le Burkina Faso. Ansaroul Islam est accusé de semer la terreur dans le nord du Burkina. Au même moment, le détachement de l'armée malienne à Mondoro a lui aussi été attaqué.

Les informations en provenance de la zone très difficile d'accès sont rares, mais celles qui en parvenaient faisaient état de violents affrontements et de lourdes pertes – y compris des civils  sur lesquelles les autorités maliennes ont gardé le silence jusqu'au 1er au soir.

Reprise de contrôle

Les positions de Boulkessy sont tombées entre les mains des assaillants. De lourds moyens, y compris aériens, ainsi que des forces spéciales ont été engagés pour les reprendre, a indiqué une source militaire à l'AFP. Après le déploiement des forces spéciales, les forces maliennes, "malgré les tirs de harcèlement des terroristes, ont pu réoccuper le camp de Boulkessy ce mardi soir", a dit le gouvernement.

Outre les 25 soldats tués, quatre ont été blessés et évacués. "Du côté des terroristes, au moins 15 (ont été) tués et cinq véhicules détruits par les frappes aériennes", a dit le gouvernement. Quant à Mondoro, la reprise de contrôle par les forces maliennes y était confirmée dès mardi matin (1er octobre).

Attaque meurtrière

Les forces maliennes n'avaient pas connu un tel bain de sang depuis le 17 mars, quand une attaque jihadiste contre un camp de l'armée à Dioura (centre) avait fait près de 30 morts. Les jihadistes ont été en grande partie chassés ou dispersés à la suite du lancement en janvier 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire, qui se poursuit actuellement.

Cependant, les violences jihadistes ont persisté, puis se sont propagées du nord vers le centre et le sud du Mali, et enfin au Burkina Faso et Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires qui ont fait des centaines de morts.

Propagation

L'impuissance face à la propagation des violences au Mali et au Sahel faisait dire il y a une semaine au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, que la communauté internationale était "en train de perdre du terrain face à la violence et au terrorisme". "Le nombre de morts civiles entre 2012 et 2018 a été multiplié par quatre" dans les pays du G5-Sahel, avait également souligné Antonio Guterres lors d'une réunion de haut niveau consacrée au Mali et au Sahel, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies.

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