Les troupes du Bénin investies dans les opérations de maintien de la paix se retirent pour 2019

Le président béninois Patrice Talon rencontre le Secrétaire général de l\'ONU Antonio Guterres, à New York, le 23 juin 2019. 
Le président béninois Patrice Talon rencontre le Secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, à New York, le 23 juin 2019.  (VANESSA CARVALHO / BRAZIL PHOTO PRESS)

Le gouvernement béninois a annoncé, le 3 juillet 2019, la relève des contingents engagés dans les opérations de soutien à la paix. 

Le Conseil des ministres béninois, sous la présidence du chef d'Etat Patrice Talon, a décidé le 3 juillet 2019 de relever les armées engagées dans des opérations de paix sous l'égide des Nations unies, au titre de l'année 2019. Le petit pays de 11,18 millions d'habitants, considéré jusqu'en avril 2019 comme un "îlot de stabilité" en Afrique de l'Ouest, contribue en effet depuis des années à l'effort de paix mené en Afrique et dans le monde.

"La bonne conduite générale de nos troupes les crédite d'une appréciation positive", a ainsi expliqué le gouvernement béninois dans son communiqué officiel. Pour le confirmer, tout en permettant aux troupes de renforcer leur expérience, le Conseil a ainsi décidé "de procéder (...) aux deux relèves prévues pour le compte de l'année 2019". 

Un engagement régional et international

Le Bénin est actuellement engagé au sein de trois organisations régionales et internationales, habilitées à mener des opérations de paix : l'ONU, l'Union Africaine et la Cédéao. Ces dernières années, le pays a déployé plusieurs contingents militaires à l'étranger, à travers une vingtaine de missions de maintien de la paix, notamment au Kosovo, en RDC et au Soudan. Ses forces armées, très professionnelles et indépendantes du pouvoir politique (fait rare dans la région), jouissent d'une réputation particulièrement positive au sein de la communauté internationale. 

En 2018, le pays était engagé dans six opérations de paix pour l'ONU, dont les plus importantes, en termes d'effectifs mobilisés, sont la mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) et la mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (Monusco).

Des soldats sénégalais membres de la Cédéao en mission en Gambie, à Barra, le 22 janvier 2017.
Des soldats sénégalais membres de la Cédéao en mission en Gambie, à Barra, le 22 janvier 2017. (CARL DE SOUZA / AFP)

Les forces armées béninoises participent également à la Force intérimaire de sécurité des Nations unies pour Abiyé (Fisnua), au Soudan, la mission des Nations unies au Soudan du Sud (Minuss) et la mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (Minusca). Enfin, le Bénin prend également part à la mission pour la stabilisation en Haïti (Minujusth) depuis 2017.

En plus de son engagement auprès de l'ONU, Cotonou s'investit auprès de missions régionales pour l'Union Africaine (UA) et la Cédéao. Au total, le pays déploie près de 931 hommes et femmes au-delà de ses frontières, dont 700 soldats, 212 policiers, 17 officiers d’état-major et 2 experts en mission, selon le réseau de recherche sur les opération de paix. Un engagement conséquent, qui explique que le pouvoir en place a souhaité recentrer ses forces et poursuivre la formation de ses troupes sur le territoire national.

Un engagement de long-terme pour la paix

La contribution du Bénin aux efforts de paix dans le monde a débuté en 1994, près de 30 ans après sa prise d'indépendance vis-à-vis de la France. L'engagement du pays est ainsi relativement récent en comparaison de ses voisins sénégalais et nigérian, eux-mêmes indépendants en 1960, qui prirent rapidement part à des opérations de paix.

Avec ses troupes déployées sur plusieurs théâtres de conflits, le Bénin est le quatorzième pays contributeur de troupes aux opérations de maintien de la paix des Nations unies dans le monde.

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