Les pays d'Afrique australe réclament la levée des sanctions économiques contre le Zimbabwe

Lors d\'un meeting en 2005, un supporter de Robert Mugabe brandit un drapeau de son parti, la Zanu-PF.
Lors d'un meeting en 2005, un supporter de Robert Mugabe brandit un drapeau de son parti, la Zanu-PF. (ALEXANDER JOE / AFP)

Les quinze pays de la SADC entendent ainsi relancer leurs économies respectives durement frappées par la crise au Zimbabwe.

La Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) a déclaré le 25 octobre 2019, "Journée de la solidarité anti-sanctions". Les quinze pays de la SADC montrent ainsi leur unité à soutenir le Zimbabwe, qui subit des sanctions économiques internationales depuis 2002. Il s'agissait à l’époque de forcer Robert Mugabe et son parti, la Zanu-PF, à s’ouvrir à la démocratie.

En 2012, l’Union européenne avait levé ses sanctions, considérant que le résultat était pire que le mal qu’elles devaient combattre. En clair, elles renforçaient l’aura de Mugabe, combattant contre les ennemis étrangers, en particulier les Blancs, selon la propagande d’Etat.

Les Etats-Unis intransigeants

Mais les Etats-Unis, eux, ont gardé le cap, prolongeant en mars dernier les sanctions d’une année. Pourtant, dès son arrivée au pouvoir en 2017, l’actuel président du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa avait demandé la levée de ces sanctions. Selon lui, cela permettrait d’attirer les investisseurs occidentaux dans un pays isolé économiquement depuis 20 ans.

Pour le président en exercice de la SADC, le Tanzanien John Magufuli, cette demande se justifie car "après tout, ce pays frère a ouvert un nouveau chapitre".

"Ces sanctions n’ont pas seulement affecté le peuple zimbabwéen et son gouvernement, mais l’ensemble de la région", a déclaré le chef d’Etat tanzanien lors du sommet de la SADC en août 2019.

Sanctions limitées

C’est une rhétorique qui revient régulièrement depuis 2002. Les sanctions seraient la cause de la crise économique que traverse le Zimbabwe depuis deux décennies. Selon l’agence Reuters, 141 sociétés et hauts responsables du Zimbabwe (dont l’actuel président Emmerson Mnangagwa) sont concernés. Les sociétés d’Etat sont sous embargo et les avoirs à l’étranger des personnalités sont bloqués.

Mugabe a  toujours mis en avant cet embargo pour expliquer les difficultés économiques et vilipender les puissances occidentales. Pourtant, aucune entreprise privée n’est concernée par ces sanctions, si on se réfère aux documents du Trésor américain.

"Mugabe a cassé l'agriculture"

En fait, la chute de l’économie zimbabwéenne est essentiellement due à la politique menée par Mugabe. "Très vite sous la pression des opposants, des déçus de l’indépendance, le régime se durcit, privilégie ses affidés et commence à casser méthodiquement le moteur de son économie, l’agriculture", écrit RFI. En 2016, la production de blé est tombée à 20 000 tonnes, 16 fois moins que dans les années 90. L’hyper inflation a fait le reste. Ainsi, il y a seulement quelques jours, l’agence de régulation de l’énergie annonçait le quadruplement des tarifs de l’électricité, en raison de la dépréciation de la monnaie locale. Or, la même hausse a déjà été appliquée en août dernier nous dit l’AFP.

Sauver l'économie de l'Afrique australe

En leur nom propre, la Namibie et le Malawi ont également apporté leur soutien au Zimbabwe, considérant que leurs économies étaient également impactées par cet embargo.  "Nous avons des difficultés à commercer avec le Zimbabwe parce que son économie est en baisse", a expliqué Annie Kumwenda, ambassadrice du Malawi au Zimbabwe. Le commerce se fait donc avec des pays plus lointains et il est donc plus onéreux. Si le constat est sans appel, il n’est pas sûr que la fin des sanctions relance l’économie du Zimbabwe.

Vous êtes à nouveau en ligne