La Côte d'Ivoire sous tension à l'approche de la présidentielle

Le président ivoirien Alassane Ouattara serrant la main du chef des forces armées ivoiriennes, le 4 janvier 2018.
Le président ivoirien Alassane Ouattara serrant la main du chef des forces armées ivoiriennes, le 4 janvier 2018. (SIA KAMBOU / AFP)

L'ONU a appelé le 26 juin 2019 les Ivoiriens à "redoubler d'efforts" pour que la présidentielle de 2020, qui s'annonce tendue selon de nombreux observateurs, "soit synonyme de paix".

A moins d'un an de l'élection présidentielle ivoirienne – ni la date ni la liste de candidats ne sont encore connues , la communauté internationale redoute la recrudescence des violences politiques et communautaires, dont le pays est victime depuis plusieurs années. "Tout le monde doit redoubler d'efforts pour que le prochain scrutin présidentiel soit synonyme de succès, de paix pour tout le peuple ivoirien", a déclaré mercredi 26 juin l'émissaire du secrétaire général de l'ONU pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel, Mohamed Ibn Chambas.

Dans un entretien avec le président en place, Alassane Ouattara, M. Chambas a ainsi tenté d'apaiser les tensions intercommunautaires récurrentes dans le pays. "L'élection est une étape majeure dans la consolidation de la démocratie et le développement", a-t-il rappelé.

Un paysage politique en recomposition

Beaucoup d'Ivoiriens craignent aujourd'hui une présidentielle 2020 houleuse. La coalition qui avait permis l'élection du président Ouattara en 2010 et sa réélection en 2015, a volé en éclats. Ces derniers mois, la grande coalition présidentielle souhaitée par Alassane Ouattara, concrétisée à travers la création du RHDP (Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix) en juillet 2018, est encore fragile, peut-on lire dans Le Point. De fortes dissensions au sein même du parti ne favorisent pas l'unité tant recherchée.

De son côté, le président Ouattara entretient le mystère quant à une éventuelle candidature pour l'année prochaine. Arrivé au bout de deux mandats en 2020, il aurait dû passer la main. Mais il a fait modifier la Constitution en 2016, ce qui lui donne le droit de se représenter. Une décision que conteste l'opposition, incarnée par une autre figure incontournable de la scène politique ivoirienne, Konan Bédié

Alassane Ouattara se trouve affaibli par sa rupture avec ce dernier, jusqu'alors son principal allié, et par les ambitions présidentielles de plusieurs de ses partisans, notamment Guillaume Soro.

Ainsi, huit ans après l'accession d'Alassane Ouattara à la tête du pays, le jeu politique ivoirien reste très mouvant et suscite de nombreuses interrogations. D'autant que chacun garde en mémoire la crise post-électorale de 2011, qui a opposé Ouattara à son adversaire Laurent Gbagbo et pendant laquelle près de 3000 Ivoiriens ont perdu la vie.  

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