L'appel de la CPI dans l'affaire Gbagbo : "Une douche froide pour sa famille politique"

L\'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo à La Haye, le 15 janvier 2019. 
L'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo à La Haye, le 15 janvier 2019.  (PETER DEJONG / ANP)

Six mois après l'acquittement de l'ancien président ivoirien Laurent Gabgbo dans son procès pour crimes contre l'humanité, la procureure de la CPI a décidé de faire appel.

C’est un coup de massue sur la tête des partisans de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, écrit le journal Le Pays du Burkina Faso. A un an de la présidentielle ivoirienne prévue en 2020, beaucoup d’Ivoiriens nourrissaient le secret espoir de le voir y jouer les premiers rôles. C’est raté. L'appel confirmé par la procureure de la CPI Fatou Bensouda l’empêche de regagner sa terre natale puisqu’il est toujours sous contrôle judiciaire lui interdisant de quitter la capitale belge sans l’aval de la Cour, rappelle le journal.

L'acte de Bensouda est une véritable douche froide pour sa famille politique. Le calvaire de laurent Gbagbo se poursuivra encore pour quelques tempsLe Pays, journal du Burkina Faso

A Abidjan, les partisans de l’ancien président n’ont pas tardé à dénoncer "un acharnement politique" qui vise à le maintenir le plus longtemps possible loin de son pays pour l’empêcher de prendre part à la vie politique de la Côte d’Ivoire. Dans une déclaration reprise par l’AFP à Abidjan, le Secrétaire général et numéro deux du Front populaire ivoirien fondé par Laurent Gbagbo accuse. "Les observateurs qui ont suivi ce procès depuis huit ans savent que depuis le début, la procureure n’a jamais fait reposer sa démarche sur des principes de justice, mais sur de la politique", affirme Assao Adou.

Pour la presse ivoirienne pro-Gbagbo, l’appel fait par le bureau du procureur de la CPI est "un coup de main accordé au régime du président Ouattara". Beaucoup parmi les partisans de Laurent Gbagbo accusent Fatou Bensouda de jouer le jeu du pouvoir d’Abidjan et des Occidentaux.

La procureure joue sa crédibilité dans cette affaire

Pour la Tribune Afrique, on assiste "au dernier combat de Fatou Bensouda avant de raccrocher définitivement sa robe" de procureure de la Cour pénale internationale. Une analyse que partage le Journal Le Pays du Burkina pour lequel la procureure joue sa crédibilité dans cette affaire.

"La question est de savoir si cette fois, la procureure réussira à réunir suffisamment de preuves irréfutables pour ramener Laurent Gabgbo dans les geôles de La Haye. Rien n’est moins sûr. C’est dire si la tâche paraît immense pour la procureure qui joue sa crédibilité dans cette affaire. Et par ricochet celle de la CPI", écrit le journal.

Satisfaction du collectif des victimes de la crise ivoirienne

Dans la capitale ivoirienne, le Collectif des victimes de la crise post-électorale ont applaudi l’appel de la procureure de la CPI. Ils espèrent qu’il contribuera à rendre justice aux 3000 morts de cette tragédie. Laurent Gabgbo avait été reconnu non coupable de crimes contre l’humanité commis en 2010 et 2011 au cours des violences qui ont éclaté après l’élection présidentielle et libéré en février 2019. Il est actuellement en liberté conditionnelle à Bruxelles en attendant l’ouverture de son procès en appel. La procureure a désormais 30 jours pour déposer son mémoire d’appel.

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