Ile Maurice: 50 ans d’indépendance et une célébration entachée par une crise

La présidente mauricienne Ameenah Gurib-Fakim devrait démissionner avant le 27 mars 2018. Son implication dans un scandale financier secoue le pays en ce 12 mars, jour où l'on célèbre le 50e anniversaire de son indépendance en 1968.


Seule femme chef d'Etat en activité en Afrique, Mme Gurib-Fakim, 58 ans, occupe ce poste honorifique depuis juin 2015 et est la première femme à accéder à cette fonction dans l'histoire de l'île Maurice.
 
Mais aujourd’hui, selon le journal mauricien L’Express, «elle a dépensé plusieurs centaines de milliers de roupies pour des achats personnels, entre autres, sur une carte de crédit Platinum offerte par la Planet Earth Institute, la fondation d’Álvaro Sobrinho, homme d’affaires angolais hautement controversé.» Lequel «aurait détourné plus de 600 millions de dollars de la Banco Espirito Santo Angola lorsqu'il dirigeait la banque, par le biais de sociétés-écrans alimentées par des opérations fictives de retraits d'espèces, avait révélé début mars le journal en ligne français Mediapart.»

 
Cette affaire de corruption dans l’archipel de l'océan Indien coïncide avec les cérémonies marquant le 50e anniversaire de l'indépendance vis-à-vis du Royaume-Uni. Cinq décennies qui ont permis à cette petite île de «se hisser parmi les économies les plus dynamiques de la zone Afrique-océan Indien et (de) s’imposer comme un modèle d’Etat de droit, de démocratie et de cohabitation multiethnique, même si parfois des scandales et des violences viennent rappeler les imperfections de ce modèle», rappelle RFI. 
 
Pour l’occasion, et malgré le scandale qui l’éclabousse, la présidente a reçu le président indien et son épouse, comme le montre la vidéo ci-dessous.

Les Chagos, un dossier épineux
Si le 12 mars reste une date essentielle pour l’île, elle reste cependant un point d’achoppement pour l’archipel des Chagos, une cinquantaine d’îles situées au nord-est de Maurice, qui ont, elles, été privées de cette indépendance en 1968. Stratégiques, les Chagos étaient alors restées sous souveraineté britannique.
 
En 1965, la couronne britannique avait détaché l’archipel de Maurice et avait loué pour 50 ans l’île de Diego Garcia aux USA. Lesquels pour contrer la menace de l’URSS y avaient implanté une base militaire dont le bail court jusqu’en 2036.
 
Aujourd’hui, les 10.000 Chagossiens exilés aux Seychelles et à l’île Maurice ferraillent toujours avec le Royaume-Uni pour revenir vivre sur leurs terres. Soutenus en cela par les Mauriciens. En 2015, l’ONU a autorisé l’île Maurice à saisir la Cour de justice de La Haye pour demander la rétrocession des Chagos. Démarche soutenue fin février 2018 par l’Union africaine.
 
Un dossier brûlant et loin d’être résolu, 50 ans après l’indépendance de l’île Maurice.

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