Guinée-Bissau : un nouveau président pour la fin de l'année

Affiche de campagne de l\'un des principaux candidats, Domingos Simoes Pereira, à la veille du 1er tour de l\'élection présidentielle à Bissau, en Guinée-Bissau, le 23 novembre 2019.
Affiche de campagne de l'un des principaux candidats, Domingos Simoes Pereira, à la veille du 1er tour de l'élection présidentielle à Bissau, en Guinée-Bissau, le 23 novembre 2019. (JOHN WESSELS / AFP)

Deux anciens Premiers ministres sont en lice pour le second tour du scrutin présidentiel qui a lieu ce 29 décembre. 

Quelque 700 000 Bissau-Guinéens inscrits sur les listes électorales sont appelés aux urnes ce dimanche 29 décembre pour le second tour de la présidentielle – le premier ayant eu lieu le 24 novembre. Les votants devront départager le chef du principal parti, le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC)Domingos Simoes Pereira, 56 ans, arrivé en tête du premier tour avec 40,1% des suffrages, et Umaro Sissoco Embalo, 47 ans, qui a remporté 27,7% des voix au nom du Mouvement pour l’alternative démocratique (Madem), une dissidence du PAIGC.

Deux anciens Premiers ministres

Les deux hommes, qui ont défendu leurs programmes jeudi 26 décembre lors d'un débat télévisé, ont tous deux été Premiers ministres. Selon l'AFP, M. Embalo compte combler son retard grâce au soutien des principaux candidats éliminés au premier tour, dont le président sortant, José Mario Vaz (arrivé 4e avec 12,4% des suffrages), l'opposant Nuno Gomes Nabiam (3e avec plus de 13%) et l'ancien Premier ministre Carlos Domingos Gomes (2%).

Ingénieur en génie civil, M. Pereira a pris la tête du PAIGC en 2014. Après avoir été le Premier ministre de José Mario Vaz, il en est devenu l'adversaire principal. Umaro Sissoko Embalo, lui, est un général de brigade de réserve, ancien du PAIGC. Il se pose en rassembleur. 

Un camion du candidat à la présidentielle en Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embalo, pendant la campagne électorale, le 7 novembre 2019.
Un camion du candidat à la présidentielle en Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embalo, pendant la campagne électorale, le 7 novembre 2019. (- / AFP)

Une population incrédule

Si le calme a marqué la campagne présidentielle, elle s’est déroulée sur fond d’accusations de corruption et de trafic de drogue. Après un premier tour sans violences, de nombreux Bissau-Guinéens doutent toutefois de la capacité du nouveau président élu à sortir le pays de la misère.

Le PAIGC est incapable de répondre aux besoins de base de la populationSuleimane Camara, un enseignantà l'AFP

Roberto Fo Indi, un menuisier dont le père, "vétéran de la guerre d'indépendance", est "mort dans la misère", confie à l'AFP ne pas faire "confiance aux déclarations mielleuses des politiciens". Suleimane Camara, un enseignant qui n'a pas percu de salaire depuis six mois, ne "votera jamais" pour le PAIGC. Quant à Joana Imbana, une vendeuse de fruits, elle estime au contraire qu'une victoire de Domingos Simoes Pereira "sera un départ pour le développement" du pays.

Quatre coups d'Etat depuis son indépendance

Petit pays lusophone d'Afrique de l'Ouest de 1,8 million d'habitants, ancienne colonie portugaise où les deux tiers de la population vivent avec moins de deux dollars par jour, la Guinée-Bissau a connu depuis son indépendance en 1974 quatre coups d'Etat et 16 tentatives de putsch. Des événements qui ont laissé des traces dans les esprits, le dernier coup d'Etat remontant à 2012.

Comme l'indiquait franceinfo Afrique avant le premier tour, "l'enjeu de ce scrutin est la consolidation de l’état de droit et le retour à la stabilité institutionnelle. Les Bissau-Guinéens espèrent que l’armée gardera sa neutralité". Le nouveau président devra s'en souvenir une fois élu. De nombreux chantiers l'attendent : outre la lutte contre la pauvreté, il devra s'attaquer aux fléaux de la corruption et de la drogue. La Guinée-Bissau est devenue une plateforme du trafic de la cocaïne  provenant d'Amérique du Sud.

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