Egypte : le président al-Sissi met en garde la Turquie contre toute velléité de "contrôler la Libye"

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi au Forum économique du sommet Russie-Afrique de Sotchi, le 24 octobre 2019.
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi au Forum économique du sommet Russie-Afrique de Sotchi, le 24 octobre 2019. (RAMIL SITDIKOV / SPUTNIK)

Après une rencontre à huis clos à Istanbul entre le président turc Erdogan et le chef du Gouvernement libyen d'accord national (GNA) Fayez al-Sarraj, le président égyptien hausse le ton. 

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a dénoncé le 17 décembre 2019 toute velléité de contrôler la Libye voisine, au surlendemain d'une rencontre entre le président turc et le dirigeant du Gouvernement libyen d'union nationale (GNA).

Sissi défend "la sécurité nationale de l'Egypte"

Cette rencontre entre Recep Tayyip Erdogan et Fayez al-Sarraj s'est tenue le 15 décembre à huis clos à Istanbul, quelques jours après l'évocation par Ankara de l'envoi de troupes en Libye pour soutenir le chef du GNA, reconnu par l'ONU. "Nous n'autoriserons personne à contrôler la Libye (...), c'est une question qui relève de la sécurité nationale de l'Egypte", a déclaré le président Sissi, selon plusieurs médias contrôlés par l'Etat.

La Libye est en proie à un conflit entre le GNA, reconnu par les Nations unies et appuyé par la Turquie et le Qatar, et le maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'Est libyen soutenu par l'Egypte et les Emirats arabes unis, deux rivaux régionaux d'Ankara.

Fin novembre, un accord de délimitation maritime controversé et un accord de coopération sécuritaire autorisant l'envoi d'une éventuelle aide militaire turque ont été conclus entre le GNA et la Turquie. Ce dernier texte a été introduit le 14 décembre au Parlement turc pour être débattu. Il a été entériné le 16.

Des versions contradictoires sur la "bataille décisive" de Tripoli

Les forces de M. Haftar mènent depuis avril 2019 une offensive contre Tripoli, où siège le GNA et les affrontements ont causé la mort de plus de 1 000 personnes tandis que 140 000 ont été déplacées, selon l'ONU.

Le 12 décembre, le maréchal Haftar a annoncé le début d'une nouvelle "bataille décisive" pour s'emparer de Tripoli. De son côté, le GNA a assuré que la situation était "sous contrôle" et qu'il maintenait ses positions au sud de la capitale, où se concentrent les combats depuis le début de l'offensive des forces pro-Haftar.

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