Egypte : arrestation de l'avocate et militante des droits humains Mahinour el-Masry

Mahinour el-Masry lors de son appel à Alexandrie, le 29 juin 2014.
Mahinour el-Masry lors de son appel à Alexandrie, le 29 juin 2014. (IBRAHIM RAMADAN / ANADOLU AGENCY)

Elle a été arrêtée le 22 septembre par la police au Caire, après avoir assisté aux interrogatoires de manifestants.

"Mahinour a été arrêtée par la police à la sortie du siège du Parquet de la sûreté de l'Etat au Caire, où elle a assisté aux interrogatoires en tant qu'avocate de personnes arrêtées pendant les manifestations" qui ont eu lieu vendredi 20 septembre, a indiqué Me Tareq al-Oudi. Des centaines de manifestants ont protesté au Caire et dans d'autres villes du pays, malgré l'interdiction de manifester contre le pouvoir et exigé le départ du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, qui se trouve actuellement à New York pour les travaux de l'Assemblée générale de l'ONU. 

Des centaines d'arrestations

Les rassemblements ont été rapidement dispersés par les forces de l'ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogène et procédé à plusieurs arrestations. Des affrontements ont eu lieu dans la ville de Suez (est) entre forces de l'ordre et manifestants, qui ont bravé dans la nuit du 21 au 22 pour la deuxième journée consécutive l'interdiction de manifester.

L'ONG Centre égyptien pour les droits économiques et sociaux a fait état de 356 arrestations depuis vendredi. Par ailleurs, NetBlocks, une organisation qui surveille le réseau internet, a rapporté le 22 sur Twitter des restrictions d'accès, notamment à la messagerie Facebook et au site de BBC News.

L'Egypte vit sous état d'urgence et les mouvements de contestation y sont interdits en vertu d'une loi adoptée en 2013, après la destitution du président islamiste Mohamed Morsi par l'armée, à la tête de laquelle se trouvait alors le général Sissi.

Répression féroce

Le régime mène une répression sans merci contre l'opposition, emprisonnant des milliers d'islamistes, de militants ou encore de blogueurs.

Mahinour el-Masry est lauréate du prix Ludovic-Trarieux 2014, décerné chaque année à un avocat ayant illustré la défense du respect des droits humains et qui lui a été attribué alors qu'elle purgeait déjà une peine de prison pour "participation à une manifestation non autorisée".

Elle avait été plusieurs fois détenue sous le régime du président déchu Hosni Moubarak et est l'une des figures du soulèvement qui a renversé celui-ci en 2011. Elle avait été de nouveau condamnée sous le régime du président Mohamed Morsi.

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