Deuil national au Niger après la mort de 28 soldats dans une embuscade à la frontière malienne

Des soldats maliens participent à un entraînement près de Ouagadougo au Burkina Faso lors d\'un exercice militaire antiterroriste avec des instructeurs de l\'armée américaine le 12 avril 2018.
Des soldats maliens participent à un entraînement près de Ouagadougo au Burkina Faso lors d'un exercice militaire antiterroriste avec des instructeurs de l'armée américaine le 12 avril 2018. (ISSOUF SANOGO / AFP)

Vingt-huit soldats nigériens ont été tués le 14 mai près de la frontière malienne, dans la région de Tillabéri (ouest du Niger), près du village de Tongo Tongo où quatre soldats américains et cinq militaires nigériens étaient tombés dans une embuscade en 2017. Niamey a décrété trois jours de deuil. 

"Le 14 mai vers 8h locales (7h GMT) dans la zone nord de Mangaïzé (région de Tillabéri), une colonne militaire de Forces armées nigériennes (FAN) en mouvement a été prise à partie par des terroristes lourdement armés dans une attaque complexe à base d'engins explosifs improvisés. Le bilan s'établit comme suit, côté ami : dix-sept tués, six blessés, onze portés disparus, deux véhicules calcinés", selon un communiqué du ministère nigérien de la Défense lu à la radio le lendemain soir.

Une source sécuritaire a affirmé à l'AFP : "Nous avons la confirmation que les corps sans vie des onze soldats portés disparus ont été retrouvés, ce qui porte le bilan à 28 morts." 

"Des renforts ont été déployés dans le secteur pour poursuivre et neutraliser les assaillants qui se sont exfiltrés vers le Nord (frontière malienne, NDLR). Des opérations de ratissage se poursuivent dans la zone avec l'appui des partenaires", conclut le texte du comuniqué de la Défense.

La France "pas associée" aux opérations

La France, très active dans la région dans le cadre de l'opération anti-jihadiste Barkhane, a indiqué ne pas "avoir été associée" aux opérations. Les Etats-Unis disposent également d'une base au Niger. Auparavant, une source sécuritaire avait indiqué que "l'embuscade" était l'œuvre d'un "groupe terroriste composé de centaines d'hommes lourdement armés venus du Nord", situant l'attaque en soirée et non dans la matinée.

"Un véhicule (des militaires nigériens) a d'abord sauté sur un engin explosif, et puis une fusillade s'est déclenchée", selon une autre source sécuritaire. "La patrouille traquait les terroristes qui ont attaqué lundi (13 mai, NDLR) la prison de haute sécurité de Koutoukalé", à 50 km au nord de Niamey, et ont tué un soldat nigérien, selon cette même source.

Selon le site nigérien Actuniger, qui fait état d'un bilan de 29 tués, une patrouille constituée de 52 soldats nigériens "est tombée dans une embuscade d'individus lourdement armés mardi à Baley Beri, près de Tongo Tongo" et "les combats d'une rare violence" ont "duré plus de deux heures". "Vingt-deux soldats ont pu rejoindre la base de Ouallam à bord de trois véhicules", indique le site sur la base de "sources locales et sécuritaires".

Deuil national de trois jours 

Le gouvernement a décrété un deuil national de trois jours à compter du jeudi 16 mai, selon un communiqué lu à la télévision.

Depuis 2018, l'ONU s'inquiète de la persistance de l'insécurité dans la région de Tillabéri, théâtre de nombreuses incursions de groupes jihadistes et de violences intercommunautaires. L'armée nigérienne s'est déployée massivement fin 2018 dans la région pour chasser les combattants islamistes venus du Mali et du Burkina Faso.

Lundi 13 mai, les forces de sécurité avaient perdu un homme en repoussant une "attaque terroriste contre la prison de haute sécurité de Koutoukalé", l'établissement pénitentiaire le mieux gardé du Niger, où sont détenus de nombreux jihadistes. Les assaillants, qui avaient notamment utilisé une voiture de Médecins sans Frontières (MSF) volée dans un camp de réfugiés à la frontière malienne, avaient fui vers cette même frontière du Nord.

Pays pauvre du Sahel, le Niger vit en permanence sous la menace d'attaques des groupes jihadistes sahéliens dans l'Ouest et le Nord, ainsi que de celles de Boko Haram dans le Sud-Est. Les forces de sécurité sont perpétuellement sur le qui-vive.

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