"Chirac, président !", ou le fabuleux voyage du président français en Algérie

Le président français Jacques Chirac serre la main de ses partisans le 3 mars 2003 à Alger. 
Le président français Jacques Chirac serre la main de ses partisans le 3 mars 2003 à Alger.  (PATRICK KOVARIK / AFP)

L’homme qui avait dit non à la guerre en Irak et à George Bush avait atterri à Alger le dimanche 2 mars 2003 sous un soleil radieux. Des centaines de milliers de personnes étaient venues l'acclamer. 

Jacques Chirac ne s'attendait nullement à un accueil aussi chaleureux : près d’un million d'Algérois dans la rue pour l’acclamer. Il avait même eu droit à des "Chirac président, Chirac président !" du plus bel effet. Et, fidèle à lui-même, il n'avait pas hésité à prendre des bains de foule, au risque de faire paniquer les services de sécurité. S’écartant du protocole, Jacques Chirac, rompu à son exercice favori, avait délaissé son homologue algérien, Abdelaziz Bouteflika, pour aller serrer la main des badauds, amassés le long du parcours. Et de faire semblant de ne pas entendre les jeunes qui lui réclamaient à grands cris : "Des visas, des visas !"

France 2

L'Algérie, Jacques Chirac l’avait connue en 1956. Le jeune sous-lieutenant était affecté près de Tlemcen au 6e régiment de chasseurs d’Afrique pendant la guerre d’Algérie. Blessé au visage, il avait été démobilisé le 3 juin 1957 avec le grade de lieutenant. Il y était retourné le 17 avril 1959 pour un an en "renfort administratif" auprès de Jacques Pélissier, directeur général de l’Agriculture en Algérie.

Déclaration d'Alger

Le 3 mars 2003, devant les élus algériens, le président français avait parlé d’une "nouvelle alliance algéro-française", concrétisée par un traité d’amitié, la Déclaration d’Alger. L'image que les Algériens gardent de lui ? Celle d'un président sympathique qui s’est dressé contre les Etats-Unis pour dire non à la guerre en Irak.

Tourner la page de l’Histoire

Lors de son séjour en Algérie, Jacques Chirac avait rendu à Abdelaziz Bouteflika le sceau du Dey d’Alger que celui-ci avait remis en 1830 aux autorités françaises, signant ainsi le début de la colonisation. "Le retour de ce symbole de souveraineté à l'Etat algérien vient dans mon esprit sceller les retrouvailles entre nos deux pays et entre nos peuples, ce nouvel élan dans nos relations", avait lancé le président français. 

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