Au Zimbabwe, une humoriste battue pour s’être "moquée du gouvernement"

Une affiche de l\'humoriste zimbabwéenne Samantha Kureya, connue sous le nom de Gonyeti
Une affiche de l'humoriste zimbabwéenne Samantha Kureya, connue sous le nom de Gonyeti (Busstop TV)

Une comédienne populaire, Samantha Kureya, a affirmé avoir été violemment agressée dans la capitale Harare. Plusieurs attaques ont ciblé ces derniers jours des voix critiques au gouvernement.

Des hommes armés se sont récemment introduits au domicile de la célèbre comédienne Samantha Kureya, dite Gonyeti. Les trois individus masqués l’ont enlevée, rouée de coups avant de l’abandonner seule dénudée dans la rue, comme elle l'a rapporté à un journal local depuis son lit d’hôpital.

Un humour politiquement incorrect


La satiriste a été accusée par ses agresseurs de se moquer du gouvernement. Elle a récemment critiqué la police qui interdit les manifestations de l'opposition. En février dernier, Gonyeti et une partenaire de sa boîte de production Bustop TV avaient été arrêtées et condamnées à une amende pour avoir porté l'uniforme de la police dans une vidéo diffusée sur les médias sociaux. Les deux comédiennes avaient été averties que leurs sketches devenaient de plus en plus politiques.

Je ne sais pas si cette agression avait pour but de me faire peur mais c'est grâce à la comédie que je peux payer mon loyer et envoyer mon frère à l’école. Je continuerai à faire mon travailGonyeti, comédienne zimbabwéenneDaily News

Répression et indignation


Cette attaque a suscité une vague d’indignation sur les réseaux sociaux. A ce jour, aucune personne n’a été arrêtée mais le ministère de l'Information a annoncé dans un tweet qu'une enquête était en cours. Ces deux dernières semaines, plusieurs membres de l'opposition et militants des droits de l'homme ont été enlevés par des assaillants non identifiés en divers endroits du Zimbabwe, selon des organisations de défense des droits de l'Homme.

"Attaquer des icônes de la communauté artistique et créative comme Gonyeti est une attaque cruelle contre les femmes, le secteur de la création et les médias", souligne Neslon Chamisa, principal figure de l'opposition au Zimbabwe.

L’ambassade des États-Unis au Zimbabwe et la délégation de l’Union européenne  dans le pays ont récement dénoncé, dans une déclaration commune, l’aggravation des violations des droits de l’Homme dans le pays en exprimant une "grande préoccupation".

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