Algérie : le député islamiste Slimane Chenine élu président du Parlement

Le nouveau président élu du parlement algérien, Slimane Chenine, dirigeant d\'une alliance parlementaire de trois petits partis islamistes, Ennahdha, Adala et El Bina, prononce un discours, le 10 juillet 2019 à Alger.
Le nouveau président élu du parlement algérien, Slimane Chenine, dirigeant d'une alliance parlementaire de trois petits partis islamistes, Ennahdha, Adala et El Bina, prononce un discours, le 10 juillet 2019 à Alger. (- / AFP)

A la tête d'un groupe parlementaire de trois partis islamistes algériens d'opposition, Slimane Chenine a été élu président de l'Assemblée nationale populaire grâce aux voix du FLN et du RND, qui détiennent à eux seuls la majorité absolue. 

Le député islamiste Slimane Chenine, président du groupe parlementaire d'une alliance formée par trois partis islamistes de l'opposition, a été élu le 10 juillet 2019 président de l'Assemblée populaire nationale algérienne (APN), selon la télévision nationale.

Candidat unique au perchoir 

Agé de 54 ans, marié et père de trois enfants, il remplace Mouad Bouchareb qui, contesté par les députés, dans son parti et dans la rue, avait démissionné le 2 juillet. Candidat unique, M. Chenine a été "plébiscité" lors d'un vote à main levée en séance plénière, a précisé l'agence de presse officielle APS et devient ainsi le premier opposant à occuper le perchoir depuis l'indépendance.

M. Chenine a été présenté par l'alliance formée par les partis Ennahdha, Adala et El Bina, qui compte 15 sièges à l'APN (chambre basse du Parlement).

Dans sa jeunesse, ce natif de Ouargla dans le sud-est algérien compte parmi les membres fondateurs de l'Union générale étudiante libre (UGEL) réputée proche des islamistes, rapporte le site algérien TSA.

Il adhère au mouvement emmené par Mahfoud Nahnah, le représentant du mouvement des Frères musulmans en Algérie. D'organisation caritative, l'association se transforme en Mouvement de la société pour la paix (Harakat moujtama'a al silm, MPS).

Devenu conseiller et secrétaire particulier de Nahnah, il dirige le service communication du mouvement qui lui permettra de se faire connaître de la presse et du grand public à la fin des années 90 et au début des années 2000. A la mort du chef historique en 2003, le MSP connaît des tiraillements. Slimane Chenine démissionne et participe à la création du mouvement de la Construction nationale (El Bina'a al watani). Il entre au Parlement en 2017 sous les couleurs de ce parti dont il préside le Conseil politique.

En plus de son action parlementaire, il dirige le quotidien arabophone Al Ra'id. Dès le début de la contestation populaire, il apporte son soutien au mouvement et participe aux marches d'Alger et de Ouargla.

Le FLN renonce à son droit de présenter un candidat

Il a été élu à la tête de l'APN grâce aux voix des députés du Front de libération nationale (FLN) et du Rassemblement national démocratique (RND), détenteurs à eux deux de la majorité absolue des 462 élus de la chambre basse. Peu avant le vote, le groupe parlementaire du FLN avait annoncé son soutien à la candidature de M. Chenine, précisant qu'il "renonçait à son droit" de présenter un candidat "par souci de faire prévaloir l'intérêt suprême sur l'intérêt partisan".

"L'opinion nationale retiendra que la majorité peut accorder à la minorité la présidence de l'APN", a déclaré le nouveau président de l'Assemblée, à l'issue de son élection.

L'Algérie est le théâtre, depuis février, d'un mouvement populaire de contestation inédit qui a poussé Abdelaziz Bouteflika à la démission le 2 avril 2019. Les manifestants exigent désormais le départ de tous les dirigeants ayant eu des responsabilités durant les 20 ans de présidence de M. Bouteflika, parmi lesquels figurent, outre M. Bouchareb, le chef de l'Etat par intérim Abdelkader Bensalah et le Premier ministre Noureddine Bedoui.

Le chef d'état-major de l'armée, Ahmed Gaid Salah, homme fort du pays depuis la démission d'Abdelaziz Bouteflika, a réaffirmé le même jour le soutien de l'institution militaire au président Bensalah, dont l'intérim aurait dû s'achever le 9 juillet mais qui reste à la tête de l'Etat en l'absence d'élection présidentielle.

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