Algérie : l'armée veut un président avant fin décembre

Un manifestant avec une pancarte \"Etat civil et non militaire\", le 30 août 2019 à Alger
Un manifestant avec une pancarte "Etat civil et non militaire", le 30 août 2019 à Alger (SOFIANE BAKOURI / HANS LUCAS)

Les manifestants contituent d'exiger le départ du général Ahmed Gaïd Salah et celui du président par intérim Abdelkader Bensalah. 

Cela ressemble à une injonction du chef d'état-major au président par intérim. Le haut commandement de l'armée algérienne a réclamé le 2 septembre que le décret de convocation de la présidentielle devant élire un successeur à Abdelaziz Bouteflika, poussé à la démission le 2 avril 2019, soit publié mi-septembre. 

Il est opportun de convoquer le corps électoral le 15 du mois de septembre courant et que les élections puissent se tenir dans les délais fixés par la loiGénéral Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major

L'image du président par intérim, Abdelkader Bensalah, accusé par les manifestants d'être une marionnette entre les mains de l'armée, risque d'être encore plus dégradée par la décision du général Gaïd Salah. 

"Pouvoir réel"

Le haut commandement de l'armée, longtemps titulaire du "pouvoir réel" en Algérie, a repris de facto les commandes du pays. Il refuse toute autre solution de sortie de crise qu'un scrutin présidentiel.

Le Hirak, qui a éclos de manière totalement inattendue le 22 février, est resté mobilisé tout l'été contre cette présidentielle, refusant que les anciens fidèles du président déchu – M. Bensalah et le général Gaïd Salah en tête  organisent le scrutin et exigeant leur départ préalable du pouvoir. 

"Gaid Salah sera obligé de démissionner"

Pour le sociologue Lahouari Addi, le chef d'état-major a commis une erreur politique en imposant la tenue des élections. "Gaid Salah sera obligé de démissionner", note-t-il. Ce serait pour mi-octobre, selon lui. 

Les conditions politiques d’une élection ne sont pas réunies. Aucun candidat sérieux ne se présentera alors que des centaines de milliers de personnes manifestent tous les vendredisLahouari Addi, professeur de sociologie à l’IEP de Lyon à El Watan

"Où est passé le président ?"

El Mouradia, siège de la présidence, reste étrangement silencieux. "Où est passé le président Abdelkader Bensalah ?", s’interroge TSA. "Il est vrai qu’une éclipse d’une semaine n’est rien par rapport aux longues hibernations de Bouteflika, mais l’actuel chef de l’Etat par intérim a habitué les Algériens, depuis sa prise de fonction il y a cinq mois, à une activité régulière (…). Et c’est logiquement que le moindre de ses silences suscite interrogations et supputations."

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