Algérie : deux anciens Premiers ministres, un candidat à la présidentielle et plusieurs hommes d'affaires emprisonnés à El Harrach

Des policiers algériens montent la garde dans la rue, avant l\'arrivée de l\'ancien Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal à la prison d\'El Harrach, dans la banlieue de la capitale Alger, le 13 juin 2019.
Des policiers algériens montent la garde dans la rue, avant l'arrivée de l'ancien Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal à la prison d'El Harrach, dans la banlieue de la capitale Alger, le 13 juin 2019. (- / AFP)

L'ancien Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal, un proche du président déchu Abdelaziz Bouteflika, a été écroué jeudi, au lendemain de l'emprisonnement d'un autre ancien chef du gouvernement.  

Pour la seule journée de jeudi 13 juin, la prison d'El Harrach, dans la banlieue d'Alger, a accueilli l'ancien Premier ministre Adelmalek Sellal, le général à la retraite et candidat à la présidentielle Ali Ghediri et l'ancien ministre Amara Benyounès

Depuis le 22 février 2019, début d'un mouvement de contestation inédit qui a contraint  Abdelaziz Bouteflika à la démission le 2 avril, la justice a lancé plusieurs enquêtes et écroué de puissants hommes d'affaires, la plupart soupçonnés d'avoir profité de leurs liens avec l'ex-président, ou son entourage, pour obtenir des avantages ou des marchés publics.

Abdelmalek Sellal a été entendu "dans des affaires concernant la dilapidation des deniers publics, d'abus de fonction et d'octroi d'indus privilèges" par un juge d'instruction, qui a ensuite ordonné son placement en détention provisoire à la prison d'El Harrach, selon l'agence de presse officielle APS.

Premier ministre de 2012 à 2017, il fut également à quatre reprises le directeur de campagne de M. Bouteflika lors des présidentielles de 2004, 2009, 2014 et de celle du 18 avril 2019, qui a été annulée et au cours de laquelle Abdelaziz Bouteflika entendait briguait un 5e mandat.

Général à la retraite 

Selon un communiqué de l’équipe de l’ex-candidat à la présidentielle et général à la retraite, Ali Ghediri, il lui est reproché "la participation à la fourniture à des agents de pays étrangers d’informations qui portent atteinte à l’économie nationale, et la participation en temps de paix à un projet visant à porter atteinte au moral de l’armée dans le but d’affaiblir la défense nationale". Pour le quotidien El Watan, il est poursuivi "pour falsification de signature lors de la collecte des signatures pour la présidentielle annulée d’avril dernier".

Les observateurs s'inquiètent d'une possible instrumentalisation de la justice, longtemps muselée, face à une corruption au grand jour.

L'intérêt de ceux qui orientent les enquêtes est de plaire au peuple (...) Ils veulent convaincre le 'hirak' (mouvement) que les choses changent. Il y a aussi des règlements de comptes au sein du pouvoirRachid Grim, enseignant en Sciences politiquesà l'AFP

Plusieurs hauts responsables politiques, anciens ou en fonctions, ont été entendus dans des enquêtes sur des faits de corruption. Le Parquet d'Alger a annoncé en mai avoir transmis à la Cour suprême les dossiers des deux anciens Premiers ministres, de huit anciens ministres et de deux anciens walis (préfets). 

Dans la rue, la mobilisation ne faiblit pas. Les Algériens descendent par millions tous les vendredis pour demander le départ de tout le régime. Après l'annulation de l'élection présidentielle du 4 juillet, aucune date n'est avancée par les autorités. 

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