Plus d’1 milliard de dollars pour la rébellion libyenne

(Radio France © France Info)

Les Occidentaux et plusieurs pays arabes se sont engagés à fournir plus d’1 milliard de dollars de financement lors d’une réunion du Groupe de contact sur la Libye à Abou Dhabi aux Emirats arabes unis. Sur place, le président sénégalais Abdoulaye Wade s'est rendu à Benghazi pour réclamer le départ de Mouammar Kadhafi.

C’est une victoire diplomatique et financière de taille arrachée par les rebelles libyens lors de la réunion du Groupe de contact jeudi soir aux Émirats arabes unis. Après avoir reçu le label "d'interlocuteur légitime" par plusieurs puissances mondiales, dont la France et les États-Unis, les opposants au régime de Mouammar Kadhafi vont pouvoir bénéficier d’une importante manne financière pour "préparer l'inévitable: la Libye de l'après-Kadhafi", a expliqué la chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton.

Le groupe de contact a finalisé le mécanisme permettant au Conseil national de transition (CNT) de recevoir des fonds, provenant notamment d'avoirs bloqués du régime libyen à l'étranger.
L'Italie a annoncé une aide directe de 300 à 400 millions d'euros. 124 millions d'euros pour le Koweït. De son côté, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a annoncé pour sa part que Paris débloquerait environ 290 millions d'euros appartenant à la Banque centrale libyenne et qui avaient été gelés dans le cadre des sanctions financières contre le régime. En tout, le Conseil national de transition libyen peut compter sur plus d'1 milliard de dollars de promesse de don.
Autre source de financement, les rebelles ont annoncé une reprise prochaine de la production de pétrole, jusqu’à 100.000 barils par jour de brut.

"Je te regarde maintenant dans les yeux, il faut arrêter les dégâts"

Et pendant que les puissances mondiales discutaient gros sous, les rebelles ont reçu un visiteur de marque dans leur fief de Benghazi : le chef d’Etat sénégalais. Abdoulaye Wade qui s'est adressé directement à Mouammar Kadhafi.
"Tu es arrivé au pouvoir par un coup d'Etat il y a plus de 40 ans, tu n'as jamais fait d'élection, tu as prétendu parler au nom du peuple. Tout le monde sait que c'est une dictature que tu as établie (...). Je te regarde maintenant dans les yeux, il faut arrêter les dégâts", a déclaré le président sénégalais.
De l’autre côté du pays, à Tripoli, l’Otan continue ses bombardements intensifs. Depuis le début de la semaine, les forces alliées mènent leurs frappes les plus intenses depuis le lancement de leurs opérations le 19 mars dernier. Selon le régime, les bombes de l’Otan auraient fait 31 victimes.

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