Piraterie : les pêcheurs demandent l'aide de l'armée

(Radio France © France Info)

Les pêcheurs de thon s'alarment d'une recrudescence de la piraterie au large des côtes somaliennes, après l'attaque d'un de leurs navires, et demandent aux marines occidentales de traquer les pirates dans cette zone stratégique pour eux. Le ministre de la pêche appelle à une réunion interministérielle d'urgence.

Michel Barnier semble avoir entendu les pêcheurs : dans un communiqué, il a demandé au Premier ministre François Fillon d'organiser "une réunion interministérielle d'urgence" sur la piraterie maritime pour "déterminer les mesures susceptibles d'être mises en œuvre rapidement pour sécuriser l'activité des navires et de leurs équipages" dans les eaux internationales de l'océan Indien. Après deux attaques de pirates en trois jours contre des thoniers espagnol et français, les armements réclamaient une réunion avec les pouvoirs publics.

La cinquantaine de navires de pêche européens actifs au large des côtes somaliennes, une zone riche en poissons mais réputée dangereuse, ont décidé de rentrer à leur port d'attache de Mahé, aux Seychelles. "Il s'agit (...) de protester contre le manque de moyens pour assurer la sécurité", a déclaré Pierre-Alain Carré, directeur d'exploitation de la CMB, l'armement du thonier français Le Drennec, attaqué hier matin.

Yvon Riva, président d'Orthongel qui regroupe les producteurs de thon congelé, a réclamé l'aide de la Marine nationale pour "surveiller la zone", expliquant que "ce qui était une piraterie locale près des côtes se transforme en industrie organisée.". Selon Ronan Bargain, capitaine d'un thonier espagnol, il faudrait que les navires militaires occidentaux, qui sécurisent les routes maritimes stratégiques des cargos et pétroliers près du golfe d'Aden, s'occupent aussi de la zone de pêche. "Il n'y a jamais eu autant d'attaques de pirates parce qu'ils peuvent y procéder en toute impunité, c'est devenu un business rentable", constate ce capitaine, pour qui la profession se sent aujourd'hui délaissée. "On nous a promis deux ou trois navires militaires, mais on ne les a jamais vus", déplore t-il.

Anne Jocteur Monrozier, avec agences

Vous êtes à nouveau en ligne