Esther Madudu, l'ange des bébés ougandais

Esther Madudu , sage-femme ougandaise, pressentie pour le Prix Nobel de la Paix en 2015.
Esther Madudu , sage-femme ougandaise, pressentie pour le Prix Nobel de la Paix en 2015. (FTV)

Esther Madudu est un symbole, un ange pour les femmes enceintes en Ouganda. Cette sage-femme hors pair se bat chaque jour pour sauver la vie des mères et de leurs enfants. La première ONG africaine a demandé sa nomination au Prix Nobel de la Paix 2015.


«Je me bats contre la mortalité maternelle et infantile». Esther Madudu est infatiguable et a lancé une véritable croisade contre ce fléau qui touche l'Afrique. Alors que dans les pays à hauts-revenus, les soins pendant la grossesse et l'accouchement nous semble être une évidence, ils sont trop souvent une exception en Afrique. 162 000 femmes meurent pendant leur accouchement et 1 million d'enfants se retrouvent orphelins.
Esther Madudu a dû laisser ses 2 enfants chez sa mère à une centaine de kilomètres du centre de soins. Elle ne les voit que tous les 2 mois, toute entière consacrée à sa "mission". Pour Esther, c'est un devoir de continuer à exercer sa profession dans un centre de santé, même si son mode de vie est ascétique. «Sans moi, d'autres enfants n'auraient pas la moindre chance de rester en vie».
Jour et nuit, Esther Madudu est présente dans cette maternité de fortune. Ici pas de péridurale ni de couveuse pour les prématurés. Affectueusement, Esther Madudu entoure d'un drap de coton les bébés nés avant terme pour leur donner de la chaleur. Et, si ils sont trop petits pour supporter un masque à oxygène, c'est avec amour qu'elle souffle dans leur bouche pour leur donner la vie.



Esther ne veut plus qu'en Afrique on perde la vie en donnant la vie. Celà fait 7 ans qu'elle exerce le métier de sage-femme au centre de santé d'Atiriri dans une zone rurale. Un environnement non sécurisé, sans électricité qui rend la travail difficile au service maternité. Soins anténataux, suivi psychologique, tests de dépistage du Sida, suivi des mères et de leurs nouveaux-nés, sensibilisation aux bonnes pratiques en matière de santé. Elles ne sont que 2 sage-femmes pour ce travail colossal. 

«Nous sommes tous en vie grâce à nos mamans. Comment ne pas faire de la santé des mères une priorité? Je suis très fière aujourd'hui d'incarner le travail des sage-femmes en Afrique et de réveiller les consciences sur la détresse des mères africaines, leur donnant une voix et attirant l'attention du plus grand nombre sur le besoin urgent en sage-femmes sur le continent» déclare-t-elle.
«La mortalité maternelle en Afrique est tout à fait alarmante. Il faut que tout le monde soit au courant. Je ne suis qu'une sage-femme mais je fais le maximum dans des zones où personne ne se rend. Mon rôle est simplement que l'on sauve plus de vie. D'ici à ma candidature au Prix Nobel de la Paix, j'espère pouvoir sauver des centaines de mères et leurs enfants».

Femme d'exception , c'est en effet la 1ère fois dans l'histoire du Prix Nobel de la Paix que cette récompense pourrait être remise à une sage-femme inconnue. Symbole de toutes celles qui se battent chaque jour pour sauver la vie des mères et des enfants africains.

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