VIDEO. Otages d'Arlit au Niger : une concurrence absurde entre négociateurs

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"Envoyé spécial" révèle les dessous de la libération des otages d'Arlit au Niger. Comment la France a-t-elle pu mettre en place deux équipes rivales de négociateurs, au risque de tout faire échouer ? Extrait.

En 2012, quatre otages français kidnappés en 2010 sur un site d’Areva au Sahel sont toujours détenus par Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique). Pour les libérer, la France met en concurrence deux équipes de négociateurs. Une tactique risquée… Extrait d'une enquête diffusée dans le magazine "Envoyé spécial" le 26 janvier 2017.

Jean-Marc Gadoullet, ex-agent secret de la DGSE, est en contact depuis fin 2010 avec Abou Zeid, l'un des chefs d'Aqmi. Ce dernier se dit prêt à libérer les otages par paquets. Soutenue par Areva et la DGSE, la stratégie Gadoullet est le "plan A". Blessé en novembre 2011, l’ancien espion est rentré en France, mais continue à travailler sur le dossier et se dit "le seul mandaté", "le négociateur unique".

Filière Gadoullet contre réseau Lorenzi

En 2012, François Hollande, élu président, défend une position officielle opposée à celle de son prédécesseur Nicolas Sarkozy : on ne négocie plus avec les terroristes. Via son directeur de cabinet Cédric Lewandowski, le ministère de la Défense opte alors pour le "plan B", qui était en attente.

Le "plan B", c'est un ami de Lewandowski : Pierre-Antoine Lorenzi, ex-agent de la DGSE lui aussi et patron de la société de sécurité Amarante. Lorenzi est en contact avec le Touareg Mohamed Akotey, homme de confiance du président nigérien Mahamadou Issoufou.

Plan A contre plan B, DGSE contre ministère de la Défense… une concurrence absurde s'installe. D'autant plus absurde que la DGSE dépend du ministère de la Défense…

Extrait de "Otages d’Etat", une enquête du magazine "Envoyé spécial" avec RFI et Mediapart, diffusée le 26 janvier 2017.

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