Six ans après la prise d'otage et la mort de Vincent Delory au Niger, sa famille demande "un geste" de l'État

Stèle consacrée à Vincent Delory et Antoine de Léocour, le 8 janvier 2012, à Linselles (Nord).
Stèle consacrée à Vincent Delory et Antoine de Léocour, le 8 janvier 2012, à Linselles (Nord). (DENIS CHARLET / AFP)

Vincent Delory est mort lors de sa prise d'otage au Niger par Aqmi, en 2011, en compagnie de Vincent de Léocourt. Sa famille souhaite la reconnaissance par l'État de son statut de victime du terrorisme.

Les proches de Vincent Delory lancent un appel vendredi 6 janvier pour que l’État français les reconnaisse comme victimes du terrorisme. Ce dimanche va marquer les six ans de sa mort. Vincent Delory a été pris en otage au Niger par Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique) , avec un autre Français, Antoine de Léocour, en janvier 2011. Les deux amis ont été tués lors de l'intervention de l'armée française.

La famille a écrit à des personnalités politiques du Nord-Pas-de-Calais, a rapporté France Bleu Nord, vendredi. Une cérémonie aura lieu à Linselles, au nord de Lille, pour l'anniversaire des six ans de sa disparition. "L’année dernière, il n’y a eu strictement rien de fait", a expliqué Annabelle Delory, la sœur de Vincent Delory sur France Bleu Nord, se disant très attachée "au symbole".

La famille demande la Légion d'honneur

Les parents de Vincent Delory dénoncent l’indifférence générale. Il n'y a pas, cette année, de présence, de fleurs, de plaque officielle à la mémoire des deux jeunes hommes, pourtant victimes du terrorisme comme ceux de Charlie Hebdo, du Bataclan ou de Nice. La famille demande que l’ex-otage soit reconnu comme "mort pour la France" et qu’il reçoive la Légion d’honneur, "comme beaucoup de victimes du terrorisme", selon sa soeur.

"On a ce sentiment de mépris vis-à-vis de notre situation, a-t-elle expliqué. Cette année, on est en période électorale. On espère qu’il y aura un geste qui sera fait en faveur du sacrifice que mon frère a dû subir." La famille est convaincue que Vincent Delory a été victime de l’intervention de l’armée française. Elle aurait tiré sans tenter de le récupérer sain et sauf. "On se bat" pour que l'État "prenne sa responsabilité", a souligné Annabelle Delory. On veut qu'on reconnaisse [que Vincent Delory] a été sacrifié".