Otages au Mali : une des voitures des ravisseurs des deux Français a été localisée

L\'hôtel Dombia, situé à Hombori (Mali), où ont été enlevés les deux français présentés comme des géologues, le 24 novembre 2011.
L'hôtel Dombia, situé à Hombori (Mali), où ont été enlevés les deux français présentés comme des géologues, le 24 novembre 2011. (DOMBIAHOTEL.ORG / AFP)

L'enquête sur l'enlèvement des deux Français au Mali progresse alors qu'un véhicule appartenant aux ravisseurs a été retrouvé dans le nord du pays dimanche. 

Dans la matinée de dimanche 27 novembre, une source militaire malienne a fait savoir à l'AFP que "l'une des voitures des ravisseurs de deux ressortissants français enlevés jeudi à Hombori (nord du Mali), a été localisée dans le grand nord malien". Désormais, l'armée malienne mène seule les investigations. FTVi fait le point sur les derniers éléments de l'enquête : 

Les otages emmenés dans le nord du pays

Selon une autre source proche de l'enquête interrogée à Gao (nord), les ravisseurs, pour "semer" les militaires français et maliens qui étaient à leur recherche, se sont scindés en deux groupes après l'enlèvement : l'un a pris la direction de la frontière algérienne vers le nord, l'autre, "pour faire diversion", celle de la frontière avec le Burkina Faso vers le sud. 

La voiture des ravisseurs retrouvées dimanche dans le nord du pays semble accréditer la thèse selon laquelle les otages auraient été emmenés dans cette direction. 

La piste du Mouvement de libération de l'Azawak (Mila)

Le Journal du dimanche, qui cite un spécialiste de la zone sous couvert d'anonymat, écrit que les évènements récents sont à relier avec l'émergence d'un nouveau mouvement terroriste, dissident d'Al Qaïda au Maghreb (Aqmi), et dirigé par un ancien chef de guerre touareg devenu djihadiste : Iyad Ag Ghali.

Samedi, le quotidien Libération citait également ce groupe appelé le Mouvement islamique de libération de l’Azawak (Mila) qui rassemblerait "des Touaregs, des Maliens revenus de Libye et autres soldats perdus de la région."

Iyad Ag Ghabi, proche d'Aqmi idéologiquement, a été à plusieurs reprises chargé de négocier avec l'organisation pour le compte de l'état malien, dans le cadre de prise d'otages. 

Les géologues sont des "barbouzes"

Présentés comme géologue et ingénieur, les deux otages français Philippe Verdon et Serge Lazarevic étaient en fait bien connus des services secrets français. Philippe Verdon est un homme d'affaires au passé sulfureux. Il a notamment trempé dans plusieurs histoires qui se sont terminées, notamment aux Comores et à Madagascar, par des arrestations, des emprisonnements et des expulsions.

Serge Larazevic aurait pour sa part participé à des opérations dans les Balkans et dans l'ex-Zaïre (actuelle République démocratique du Congo), avec notamment le recrutement de mercenaires, comme l'a rapporté Europe 1. La raison de leur présence au Mali demeurent mystérieuse.