Teresa May en tournée en Afrique: le Royaume-Uni en mode reconquête

(Rodger Bosch/Afp)

Theresa May effectue une tournée de trois étapes en Afrique, la première pour une chef de gouvernement britannique depuis cinq ans. Au programme, l’Afrique du Sud, le Nigeria et enfin le Kenya. La première ministre britannique entend marquer le retour du royaume sur la scène africaine.


Lors de son premier discours au Cap, elle a clairement affiché ses ambitions. «D’ici 2022, je veux que le Royaume-Uni devienne le premier investisseur des pays du G7 en Afrique.» Londres, dans la perspective du Brexit, prévu en 2019, doit décrocher de nouveaux accords commerciaux. Remplacer les marchés européens perdus, alors pourquoi pas les trouver en Afrique.

Un nouveau partenariat qui passe par des investissements. Theresa May a annoncé une enveloppe de 4 milliards de livres (4,1 milliards d'euros) pour des investissements dans l’économie africaine. Elle a promis une réunion à Londres en 2019, pour promouvoir les investissements sur le continent.
 
Verrait-on un président français ignorer l’Afrique durant cinq ans ? C’est pourtant ce qu'on fait successivement David Cameron et Theresa May. Selon le Financial Times, le Royaume-Uni arrive trop tard pour prétendre à une influence significative sur le continent. Depuis qu’il a été élu rappelle le quotidien britannique, Emmanuel Macron a visité 11 pays d’Afrique en 9 voyages.

Le leader chinois Xi Jinping n’est pas en reste. En 2013, sa première visite officielle en tant que président était pour l’Afrique. En juillet 2018, il s’est rendu dans quatre pays dont l’Afrique du sud et le Rwanda. «On ne peut pas concurrencer la puissance économique de certains pays», a concédé Mme May en faisant référence à la Chine, mais «nous pouvons offrir (à l'Afrique) des investissements de long terme et de haute qualité».

Dans cette grande opération de reconquête, Theresa May ne pouvait pas omettre les questions de sécurité. «L'Afrique accueille certains des Etats les plus fragiles du monde», a-t-elle noté, «nous allons utiliser l'argent de notre aide pour assurer la stabilité à long terme du continent.»
Un engagement qui rappelle celui de la France au Sahel. Pour l’heure le Royaume-Uni n’apporte qu’une aide limitée au G5 Sahel, trois hélicoptères Chinook.

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