Nigeria : la jeunesse au rendez-vous des élections générales

Des supporters du président Buhari lors d\'un rassemblement à Lagos le 9 février 2019. L\'un d\'entre eux veut qu\'il dirige le pays pour les quatre prochaines années.
Des supporters du président Buhari lors d'un rassemblement à Lagos le 9 février 2019. L'un d'entre eux veut qu'il dirige le pays pour les quatre prochaines années. (STEFAN HEUNIS / AFP)

Une des grandes affaires de ce scrutin, qui a lieu le 23 février 2019 (il a été repoussé d'une semaine le 16 février), est l’abaissement de l’âge pour être candidat aux différents postes ouverts à renouvellement. Une loi de mai 2018 fait passer à 35 ans l’âge pour être président, au lieu de 40 ans. Gouverneurs et représentants voient également abaisser l’âge pour concourir : 30 pour les premiers et 25 ans pour les seconds.

Le projet de loi a été porté par un mouvement citoyen Not Too Young To Run (Pas trop jeune pour postuler). Il regroupe plus d’une cinquantaine d’organisations de jeunesse à travers le pays. Les cinq dernières élections générales depuis 1999 ont toutes été marquées par l’absence de jeunes comme candidats, empêchés de concourir par l’âge minimum légal. Pourtant, en termes de démographie, les jeunes ont le nombre pour eux. 62% de la population a moins de 25 ans.

Mais les politiciens nigerians ont tous plus de 50 ans, affirme l'ONG Yiaga. A commencer par l’actuel président Muhammadu Buhari, âgé de 75 ans, qui pendant plusieurs mois a dû mettre de côté ses activités pour cause de maladie.

Des candidats jeunes

Certes, il n’y aura pas de président de 35 ans cette année, mais il y a tout de même 10 candidats à la présidentielle âgés de 35 à 40 ans. "Nous avons 190 sièges au Sénat, 360 à la Chambre des représentants, et 991 dans les différentes assemblées régionales. Il y a des opportunités pour occuper certains de ces postes", explique Cynthia Mbamalu, une responsable du mouvement Not Too Young To Run à la Deutsche Welle.

Et selon Yiaga, ils sont 1515 jeunes à se présenter aux élections, soit le quart des candidats à l’Assemblée nationale. Mais Ize Onyekpere, le directeur de l'ONG Center for Social Justice, interrogé par la radio RFI, est sceptique. "Je doute de l’influence de ces jeunes dans la campagne. Ils ne vont pas drainer des millions de voix."

En tout cas, ces derniers ne manquent pas d’enthousiasme, et malgré leurs faibles moyens, mènent campagne.

84 millions d’électeurs, près de 177 000 bureaux de vote, 23 000 candidats pour 1 558 sièges à pourvoir, ces élections sont à la hauteur du pays, gigantesques. Le rôle des jeunes sera aussi d’être présents comme observateurs. 3 000 seront déployés par le mouvement Not Too Young To Run dans différents bureaux de vote.

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