Nigeria: coupé de ses ravitaillements, Boko Haram souffre de pénurie

A Borno, au Nigeria, l\'armée mène une opération contre Boko Haram, le 29 mars 2016.
A Borno, au Nigeria, l'armée mène une opération contre Boko Haram, le 29 mars 2016. (STRINGER / ANADOLU AGENCY)

L'organisation terroriste Boko Haram s'affaiblit au Nigeria sous les coups de boutoir des armées de la région. Ses ravitaillements en pâtissent et le pétrole manque. Le groupe djihadiste fabrique désormais son propre carburant. Et il peut encore s'appuyer sur des sources de revenus très diverses.


Le geste est écolo mais cache en réalité les difficultés que rencontre l’organisation djihadiste Boko Haram. Au Nigeria, ses membres se trouvent désormais contraints de fabriquer leur propre carburant, à base d’huile d’arachide, suite à d’importantes pénuries.

Les opérations des armées de la région ont en effet coupé leurs lignes de ravitaillement. De nombreux revendeurs amenaient des bidons d’essence aux terroristes, qui les payaient généreusement. «Depuis qu’on a identifié et arrêté ces revendeurs et qu’on a coupé les routes qu’ils empruntaient, Boko Haram est en grande difficulté», a expliqué un militaire nigérian basé à Maiduguri.

Depuis janvier 2015, les armées nigériane, nigérienne, camerounaise et tchadienne ont lancé une grande offensive pour reconquérir les territoires gagnés par Boko Haram et anéantir l’organisation. L’opération semble fonctionner. Les insurgés, habitués à lancer des raids à bord de pick-up et armés de mitrailleuses, doivent maintenant attaquer des villages à cheval, à vélo ou à pied, faute de pétrole.

Des ressources opaques
Cette pénurie de carburant prouve-t-elle un affaiblissement de Boko Haram? Pour assurer sa survie, le groupe terroriste peut compter sur des ressources aux origines très diversifiées.

D’après le Washington Post, ses richesses proviennent essentiellement d’un don d’al-Qaïda lors de sa création d’environ 3 millions de nairas, la monnaie nigériane. Depuis lors, l'organisation a fait allégeance à Daech, le 7 mars 2015. Avec les braquages de banques, Boko Haram a engrangé 6 millions de dollars (5,3 millions d'euros) entre 2006 et 2011. Les taxes imposées à la population, les rançons et le kidnapping – comme la capture de 200 lycéennes nigérianes à Chibok en avril 2014 – lui apportent également des fonds.

Deux ans jour pour jour après leur enlèvement, Boko Haram a donné un signe de vie avec cette vidéo des lycéennes de Chibok capturées le 14 avril 2014.
Deux ans jour pour jour après leur enlèvement, Boko Haram a donné un signe de vie avec cette vidéo des lycéennes de Chibok capturées le 14 avril 2014. (CNN)

Le gouvernement nigérian se défend pourtant de toute négociation en échange des otages. «Nous voulons éviter de mettre le pied dans un système qui permettrait à Boko Haram de nous exploiter. Ils viendront un jour nous dire : donner nous un million de dollars en échange de la libération de dix filles, puis le lendemain nous demander dix millions pour vingt filles. C’est hors de question», a expliqué à RFI le ministre de l'Information du Nigeria.

Boko Haram, passé de secte à véritable mouvement islamiste, a fait 17.000 morts depuis 2009 dans le nord du Nigeria.

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