Nigeria : 800.000 enfants contraints de fuir la violence dans le Nord

Des enfants nigérians dans un camp de réfugiés au Tchad.
Des enfants nigérians dans un camp de réfugiés au Tchad. (AFP / Sia Kambou)

Un an après l’enlèvement de plus de 200 adolescentes à Chibok, dans le nord-est du Nigeria, l’Unicef pointe du doigt les effets dévastateurs du conflit sur les enfants. Depuis le début de l’insurrection du groupe islamiste Boko Haram, en 2009, 800.000 enfants ont été forcés de quitter leur foyer.


L’enlèvement de 276 filles dans un établissement au nord-est du Nigeria, le 14 avril 2014, avait ému la planète. Ce n’est malheureusement pas le seul événement tragique du genre dans le pays. «Des dizaines de filles et de garçons ont disparu au Nigeria, enlevés, recrutés par des groupes armés, utilisés comme combattants ou contraints de fuir la violence», précise Manuel Fontaine, Directeur régional de l’Unicef pour l’Afrique de l’Ouest.

Dans un nouveau rapport intitulé Enfances perdues, l’organisation des Nations Unies révèle que le nombre d’enfants qui fuient les violences à l’intérieur du Nigeria, ou qui traversent les frontières pour se réfugier au Tchad, Niger ou Cameroun, a plus que doublé en à peine un an.
 
Des cibles délibérées
Enlèvements, meurtres, mariages forcés, viols... Le rapport de l’Unicef liste les exactions qui touchent les enfants devenus «des cibles délibérées» dans ce conflit qui oppose le groupe islamiste Boko Haram aux forces armées.

L’organisation souligne que des mineurs sont utilisés dans les rangs de Boko Haram, comme combattants, porteurs ou guetteurs. Pire, certains enfants servent parfois de bombes humaines, selon le rapport de l’Unicef.
  
Dessin de Sali, une fillette nigériane de 10 ans réfugiée au Tchad, réalisé dans le cadre de la campagne #BringBackOurChildhood.
Dessin de Sali, une fillette nigériane de 10 ans réfugiée au Tchad, réalisé dans le cadre de la campagne #BringBackOurChildhood.
 
Une campagne de sensibilisation
Face à cette situation, l’Unicef lance une campagne sur les réseaux sociaux pour mobiliser à nouveau l’opinion internationale. Après #BringBackOurGirls (Rendez-nous nos filles), lié à l’enlèvement des adolescentes de Chibok, un nouveau hachtag circule en ligne. Le nouveau #BringBackOurChilhood (Rendez-nous notre enfance) vient rappeler que les enfants sont désormais en première ligne dans les conflits armés.

Les dessins des enfants nigérians qui ont fuient les violences circulent également sur Snapchat, une application de partage de photos.
Près de 800.000 d'entre eux vivent aujourd’hui loin de leur foyer. Un grand nombre est privé d’école. Du pain béni pour Boko Haram dont le nom signifie littéralement «l’éducation occidentale est interdite».
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