Le Nigeria fera partie de la Zone de libre-échange africaine

Au marché de Balogun, dans la capitale économique du Nigeria Lagos, le 5 mai 2017.
Au marché de Balogun, dans la capitale économique du Nigeria Lagos, le 5 mai 2017. (STEFAN HEUNIS / AFP)

C'est une très bonne nouvelle pour l'Union africaine qui n'a pas manqué de la saluer. La signature de ce traité de libre-échange africain est un prérequis au succès de ce projet phare de l'organisation panafricaine. 

Le Nigeria entrera dans la Zone de libre-échange continentale (ZLEC) au prochain sommet extraordinaire de l'Union africaine (UA) à Niamey, au Niger, a fait savoir la présidence nigériane le 3 juillet 2019 sur son compte Twitter. Une annonce surprise, à la veille de la rencontre de l'UA, après des années de refus catégorique de faire partie de cette zone de libre-échange qui est un projet phare de l'organisation panafricaine. 

(Communiqué de la présidence
Le président signera le traité de la ZLEC 
Le Président @MBuhari a approuvé les recommandations du Comité présidentiel sur l'évaluation de l'impact de la Zone de libre-échange continentale, accord #AfCFTA. #Thread) 

En mars 2019, le président nigérian avait annulé un voyage à Kigali, au Rwanda, où il devait déjà signer l'accord, aux côtés de nombreux chefs d'Etat, pour "donner plus de temps aux investisseurs nigérians". 

>> Quarante-quatre pays africains signent un accord créant une zone de libre-échange continentale

Sensible aux arguments des opposants au traité que le Nigeria avait pourtant soutenu à ses débuts, Muhammadu Buhari craignait qu'en rejoignant la zone des produits bas de gamme ne soient déversés sur le premier marché du continent avec ses 190 millions d'habitants. Ce qui compromettrait les efforts déployés pour stimuler le secteur manufacturier, trop peu dynamique aujourd'hui.

Le président Muhammadu Buhari a toujours appliqué une politique économique très protectionniste, interdisant l'importation de certains produits agricoles ou manufacturés, dans un pays quasiment auto-suffisant. 

Veiller aux intérêts du secteur manufacturier nigérian

Le dirigeant nigérian assurait encore, le 19 juin 2019 devant les industriels, que la première économie du continent africain serait guidé par l'intérêt national pour statuer au sujet de l’accord établissant la ZLEC. "Je ne pense pas que le Nigeria ait la capacité de (veiller) de façon efficace à ce que nos collègues de l'UA ne permettent pas que leurs pays soient utilisés pour déverser des produits (au Nigeria), au détriment de nos jeunes industries et de notre capacité à sortir des devises pour (payer) les produits importés ", avait alors confié Muhammadu Buhari. 

Ainsi, le Nigeria vient de donner son accord, mais sa "priorité désormais sera de mener des négociations pour garantir des garde-fous contre la contrebande et les importations massives qui menaceraient (son) industrie", a fait savoir la présidence sur son compte Twitter.

En avril 2019, les autorités nigérianes ont annoncé la mise en place d'une ambitieuse stratégie industrielle. Objectif : doubler la production manufacturière du pays d'ici six ans. "Les objectifs stratégiques du projet MINE (Made in Nigeria for Export) sont d'augmenter la contribution du secteur manufacturier au PIB à 20%… et de générer plus de 30 milliards de dollars par an d'ici 2025", a indiqué le ministère de l'Industrie, du Commerce et de l'Investissement dans un communiqué. 

Mais les ambitions nationales du Nigeria sont dorénavant élargies à l'Afrique. Fin mai 2019, après la publication d'un rapport encourageant le Nigeria à participer à la ZLEC, le président Buhari a surpris en affirmant vouloir développer "un agenda industriel continental". "Notre vision pour le commerce inter-africain est un marché libre pour les biens Made in Africa", a-t-il alors déclaré à Abuja, la capitale politique du Nigeria.

Augmenter de 60% les échanges continentaux d'ici 2022

Le commissaire de l'Union africaine pour le Commerce et l'Industrie, Albert Muchanga, s'est réjoui de cette "confirmation officielle". "C'est un développement positif et important, a-t-il écrit sur Twitter. Plus que deux (pays), et le marché 'pour toute l'Afrique' va pouvoir commencer à prendre forme."

La Zone de libre-échange continental concerne 1,2 milliard de personnes. 52 des 55 pays qui composent l'UA ont maintenant signé. Outre le Nigeria, seuls le Bénin, très dépendant du géant nigérian, et l’Erythrée ont choisi de ne pas adhérer à l’accord dont l'un des principaux objectifs est d'augmenter le commerce intra-africain de 60% d'ici 2022. Il n'est actuellement que de 15%. Une situation qui serait en partie à l'origine de la pauvreté et de la faible industrialisation du continent. 

Le Nigeria entrera dans la Zone de libre-échange continentale (ZLEC) au prochain sommet extraordinaire de l'Union africaine (UA) à Niamey, au Niger, a fait savoir la présidence nigériane le 3 juillet 2019 sur son compte Twitter. Une annonce surprise, à la veille de la rencontre de l'UA, après des années de refus catégorique de faire partie de cette zone de libre-échange qui est un projet phare de l'organisation panafricaine. 

(Communiqué de la présidence
Le président signera le traité de la ZLEC 
Le Président @MBuhari a approuvé les recommandations du Comité présidentiel sur l'évaluation de l'impact de la Zone de libre-échange continentale, accord #AfCFTA. #Thread) 

En mars 2019, le président nigérian avait annulé un voyage à Kigali, au Rwanda, où il devait déjà signer l'accord, aux côtés de nombreux chefs d'Etat, pour "donner plus de temps aux investisseurs nigérians". 

>> Quarante-quatre pays africains signent un accord créant une zone de libre-échange continentale

Sensible aux arguments des opposants au traité que le Nigeria avait pourtant soutenu à ses débuts, Muhammadu Buhari craignait qu'en rejoignant la zone des produits bas de gamme ne soient déversés sur le premier marché du continent avec ses 190 millions d'habitants. Ce qui compromettrait les efforts déployés pour stimuler le secteur manufacturier, trop peu dynamique aujourd'hui.

Le président Muhammadu Buhari a toujours appliqué une politique économique très protectionniste, interdisant l'importation de certains produits agricoles ou manufacturés, dans un pays quasiment auto-suffisant. 

Veiller aux intérêts du secteur manufacturier nigérian

Le dirigeant nigérian assurait encore, le 19 juin 2019 devant les industriels, que la première économie du continent africain serait guidé par l'intérêt national pour statuer au sujet de l’accord établissant la ZLEC. "Je ne pense pas que le Nigeria ait la capacité de (veiller) de façon efficace à ce que nos collègues de l'UA ne permettent pas que leurs pays soient utilisés pour déverser des produits (au Nigeria), au détriment de nos jeunes industries et de notre capacité à sortir des devises pour (payer) les produits importés ", avait alors confié Muhammadu Buhari. 

Ainsi, le Nigeria vient de donner son accord, mais sa "priorité désormais sera de mener des négociations pour garantir des garde-fous contre la contrebande et les importations massives qui menaceraient (son) industrie", a fait savoir la présidence sur son compte Twitter.

En avril 2019, les autorités nigérianes ont annoncé la mise en place d'une ambitieuse stratégie industrielle. Objectif : doubler la production manufacturière du pays d'ici six ans. "Les objectifs stratégiques du projet MINE (Made in Nigeria for Export) sont d'augmenter la contribution du secteur manufacturier au PIB à 20%… et de générer plus de 30 milliards de dollars par an d'ici 2025", a indiqué le ministère de l'Industrie, du Commerce et de l'Investissement dans un communiqué. 

Mais les ambitions nationales du Nigeria sont dorénavant élargies à l'Afrique. Fin mai 2019, après la publication d'un rapport encourageant le Nigeria à participer à la ZLEC, le président Buhari a surpris en affirmant vouloir développer "un agenda industriel continental". "Notre vision pour le commerce inter-africain est un marché libre pour les biens Made in Africa", a-t-il alors déclaré à Abuja, la capitale politique du Nigeria.

Augmenter de 60% les échanges continentaux d'ici 2022

Le commissaire de l'Union africaine pour le Commerce et l'Industrie, Albert Muchanga, s'est réjoui de cette "confirmation officielle". "C'est un développement positif et important, a-t-il écrit sur Twitter. Plus que deux (pays), et le marché 'pour toute l'Afrique' va pouvoir commencer à prendre forme."

La Zone de libre-échange continental concerne 1,2 milliard de personnes. 52 des 55 pays qui composent l'UA ont maintenant signé. Outre le Nigeria, seuls le Bénin, très dépendant du géant nigérian, et l’Erythrée ont choisi de ne pas adhérer à l’accord dont l'un des principaux objectifs est d'augmenter le commerce intra-africain de 60% d'ici 2022. Il n'est actuellement que de 15%. Une situation qui serait en partie à l'origine de la pauvreté et de la faible industrialisation du continent. 

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