Des milliers d'ânes décimés par une maladie contagieuse dans le nord du Niger

Les transports se font essentiellement grâce aux ânes dans le région du Sahel. Photo prise à Agadez au nord du Niger en septembre 2013.  
Les transports se font essentiellement grâce aux ânes dans le région du Sahel. Photo prise à Agadez au nord du Niger en septembre 2013.   (JOE PENNEY / X02952)

La gourme équine ou angine du cheval fait des ravages dans le nord du Niger. Depuis décembre 2018, plus de 4000 ânes sont morts de cette épizootie très contagieuse. L'espèce avait déjà été mise en péril par des exportations massives vers la Chine où la peau est très prisée. L'inquiétude gagne, l’âne est un rouage essentiel de l’économie pastorale de la région. 

Aderbissinat et Ingall, zones pastorales désertiques du Niger sont les zones les plus touchées par cette épizootie. La gourme est une maladie infectieuse, mortelle pour les chevaux et les ânes. Elle est causée par une bactérie, Streptococcus equi subspecies equi. L'animal présente de la fièvre, une perte d'appétit, des sécrétions anormales au niveau des naseaux et parfois des abcès.


"Sur 8400 asins (ânes) atteints à ce jour par la gourme équine, plus de la moitié a succombé à la maladie depuis son apparition en décembre 2018", déplore la direction régionale de l’Elevage d’Agadez (nord).

Une hécatombe, les ânes meurent par centaines

La maladie se transmet entre équidés mais également par le biais du pâturage. Il sera difficile d'éradiquer la maladie, d'autant que le traitement d’un animal malade peut durer plusieurs semaines, selon les services vétérinaires.

On voit des cadavres d'ânes qui jonchent les pâturages et les puits (où viennent s’abreuver les animaux). Il y a donc un réel danger de contaminationMohamed Boucha, ministre nigérien de l'Elevageà l'AFP

Avec la transhumance et le nomadisme, les maladies se propagent très rapidement. Le ministre de l'Elevage Mohamed Boucha a par conséquent "invité" les éleveurs à surtout immuniser leur bétail "en les faisant vacciner gratuitement" par les services publics.

Un rôle central dans l’économie pastorale

Bête de somme, c’est avec l’âne que se font les déplacements, que l’on va chercher l’eau ou que l’on apporte les marchandises sur le marché. L'âne joue un rôle fondamental dans ces économies agropastorales. Les ânes de la région sont déjà menacés par l’insatiable demande chinoise en peau. L’espèce avait été mise en péril par les exportations massives vers le Nigeria voisin, d’où sa peau et sa viande partent ensuite vers l'Asie. En Chine, la peau des ânes, transformée en poudre, est parée de vertus contre l’anémie et le vieillissement.

Pour stopper cette menace, Niamey avait interdit en 2016 toute exportation et abattage d’ânes pour les protéger.

L\'âne occupe une place centrale dans l\'économie pastorale au Sahel. Ici, une femme guide un âne dans une rue de Diffa, ville du Niger proche de la frontière avec le Nigeria. Photo prise le 23 mai 2015.
L'âne occupe une place centrale dans l'économie pastorale au Sahel. Ici, une femme guide un âne dans une rue de Diffa, ville du Niger proche de la frontière avec le Nigeria. Photo prise le 23 mai 2015. (ISSOUF SANOGO / AFP)

Le Niger compterait plus de 1,5 million d’ânes, selon les statistiques officielles, mais l’espèce n’est pas à l’abri d’une extinction, surtout si la contamination se propage à d’autres pays. Dans cette région, parmi les plus pauvres du monde, la disparition des ânes serait une véritable catastrophe économique.

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